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Pour leur bien, la personne
atteinte de maladie mentale,
son entourage et les intervenants
ont avantage à se parler.

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Gardez le « CAP » : un modèle à retenir

Il est normal que l’ensemble des membres de la famille soit perturbé à l’annonce de la maladie mentale d’un proche. Peu importe le statut que vous occupez au sein de la famille, vous avez un rôle à jouer pour permettre à la roue familiale de tourner.

En fonction de vos responsabilités, vous avez sûrement en tête un lot de questions qui vont dans tous les sens. Dans un tel contexte, il est possible que vous ayez de la difficulté à bien cerner vos besoins. Sachez que c’est normal car les membres de l’entourage ont souvent le sentiment d’être envahis par la situation de leur proche, au point où ils s’oublient totalement.

Pour vous aider à distinguer vos différents besoins, nous vous proposons le modèle CAP. Il s’agit d’un concept qui vous permettra de vous situer en fonction de vos diffé¬rents rôles à titre de Client, d’Accompagnateur et de Partenaire. Par le biais de quelques questionnements, voyons ce que le CAP signifie de façon plus précise.

Identifier votre rôle et vos besoins à titre de client, d’accompagnateur et de partenaire

Est-ce normal d’avoir besoin d’aide et d’être un CLIENT du système de santé ?

OUI. Lorsque vous soutenez une personne atteinte de maladie men¬tale, c’est normal d’éprouver du stress, de la colère, de la peine, de la culpabilité ou de la honte. Il s’agit d’émotions qui peuvent vous faire vivre une grande fatigue mentale et physique, une grande détresse qui vous entraîne vers le découragement. C’est pourquoi il est important de prendre soin de vous.

Surtout, n’allez pas croire qu’il s’agit d’un geste égoïste, bien au contraire. Le niveau de confort que vous développerez face à la maladie mentale de votre proche vous permettra d’assumer plus sereinement les difficultés reliées à la situation.

Votre santé est importante et vous ne devez pas la négliger. Pour ce faire, à titre de citoyen et de contribuable, accordez-vous le droit d’obtenir de l’aide auprès de ressources spécialisées, telles que les associations de familles. Vous avez des besoins qui vous sont propres et à ce compte, n’hésitez pas à vous faire reconnaître comme un CLIENT du système de santé puisque vous en êtes un utilisateur.

En tant qu’ACCOMPAGNATEUR, est-ce je peux demander à parler aux membres de l’équipe traitante ?

OUI. Votre implication dans le rétablissement de votre proche fait de vous un interlocuteur privilégié. La raison est simple : vous avez fort probablement une connaissance de son quotidien et de ses routines de vie qui permet de documenter les intervenants.

Cependant, il est possible, voire probable, que vous fassiez face à certains obstacles. Les raisons peuvent se résumer simplement puisqu’au cours des dernières décennies, les familles étaient identifiées comme étant les responsables de la maladie ou les surpro-tecteurs de leur proche. Les réserves que vous manifeste l’équipe traitante peuvent prendre ancrage sur ces croyances et les intervenants ne reconnaissent pas nécessairement le rôle positif que vous pouvez jouer. Par ailleurs, votre proche ne veut peut-être pas que les professionnels vous informent de son état.

Heureusement, les choses tendent à évoluer. Aujourd’hui, les membres de l’entourage sont de plus en plus perçus comme une valeur ajoutée dans le rétablissement. Pour vous guider dans le développement de vos liens de collaboration avec l’équipe traitante, consulter le chapitre 6 qui aborde l’alliance thérapeutique.

Il est important d’identifier le rôle que vous voulez jouer car ainsi, vous pourrez mieux reconnaître vos besoins. En ce début de 21e siècle, plusieurs termes sont utilisés pour décrire le rôle attendu des familles. Aidant-naturel et proche-aidant sont de loin les plus connus et font référence à la prise en charge. Dans le do¬maine de la santé mentale, ces expressions ne traduisent pas le fait que les familles mettent tout en œuvre pour favoriser l’autonomie et le rétablissement de leur proche. Accompagner un être cher fait référence au soutien que vous pouvez lui offrir et non pas une prise en charge de sa vie. Il s’agit d’un rôle respectueux envers votre proche qui n’enlève en rien les sentiments que vous éprouvez envers lui, et ce, tout en respectant son autonomie.

Dans ce contexte, il est essentiel que l’équipe traitante vous prenne en considération dans votre rôle d’ACCOMPAGNATEUR. N’hésitez donc pas à partager des informations sur l’évolution de votre proche et de sa maladie, et établissez vos limites face à ce rôle.

Est-ce que j’ai le pouvoir de donner mon opinion sur l’offre de services de santé mentale et puis-je me considérer comme un PARTENAIRE ?

OUI. Vous pouvez participer aux mécanismes de concertation en lien avec les décisions qui se prennent en matière d’organisation des services sur votre territoire. En fonction de votre cheminement et de vos intérêts, vous pouvez agir comme PARTENAIRE et partager votre point de vue en termes d’évaluation des services et des perspectives de développement. C’est par la voix de votre association de familles que vous pourrez vous faire entendre. Contactez-la pour en connaître davantage sur les possibilités qui s’offrent à vous.

À retenir

Comme vous pouvez le constater, il s’agit de trois ques¬tionnements qui entraînent la définition de vos besoins dans trois axes différents. N’oubliez jamais que vous êtes une personne importante pour votre proche. Ne sous-estimez pas vos compétences car votre savoir et votre vécu sont uniques. CAP, trois lettres, un acronyme qui décrit vos rôles et vos besoins particuliers : Client, Accompagnateur et Partenaire. Gardez ces mots-clés toujours en tête.

Source
L’indispensable | Guide à l’intention des membres de l’entourage d’une personne atteinte de maladie mentale

 

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