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au mieux-être de l'entourage
d'une personne atteinte
de maladie mentale.
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CS 2006 | Et si c'était moi…

01 octobre 2006

À tous les automnes, des centaines, voire des milliers de personnes se mobilisent pour parler publiquement des troubles mentaux. Certains profitant de l’occasion pour parler de leur expérience de vie comme personne touchée par la problématique et d’autres, pour exprimer le vécu des familles et des proches qui les accompagnent. Un mouvement collectif où l’objectif est d’arriver à faire tomber les préjugés, afin que les personnes atteintes de maladie mentale et leurs proches soient mieux accueillis dans notre société. Un projet d’envergure qui permettra, souhaitons-le, que les gens puissent en parler ouvertement et qu’enfin, ils n’hésitent plus à aller chercher de l’aide.

Notre objectif est certes louable et si vous interrogez les gens dans la rue sur cette épineuse problématique, la majorité vous diront qu’ils démontrent ouverture et compassion. Alors, pourquoi vivons-nous encore autant de stigma autour de cette question ? Pour arriver à trouver une piste de réponse, je prends quelques minutes pour me mettre dans la peau d’une mère atteinte de maladie mentale.

Si c’était moi… je crois que comme toutes les autres mères, je m’investirais dans ce rôle qui est bien perçu dans notre société. J’aurais assurément le même désir que les adultes dits normaux d’être un bon parent. Je m’inquièterais au sujet de l’impact de ma maladie mentale sur mes enfants et j’aurais probablement peur du jugement des autres. Or, compte tenu que les maladies mentales sont porteuses de préjugés, je me questionnerais sur la façon d’en parler aux enfants puisque à leur tour, ils risqueraient d’être jugés.

Une plate-forme fragile qui m’entraînerait possiblement vers des difficultés à gérer le stress de ma vie de tous les jours. En ce sens, si je conjugue les problèmes potentiels au niveau financier, conjugal et les symptômes de ma maladie, il est fort à parier que mes enfants vivraient des conséquences négatives de ma situation. Moi, qui veux tellement être une bonne mère et avoir une bonne relation avec mes enfants… la culpabilité risquerait de m’envahir et le jugement des autres irait assurément amplifier ma condition. Malgré tout, j’hésiterais probablement à demander de l’aide… ma maladie est gênante…

Maintenant, si c’était moi la fille d’une mère atteinte de maladie mentale… Je voudrais être une bonne fille, mais si personne ne m’expliquait la maladie mentale de ma mère, il est fort à parier que je chercherais à m’improviser des explications, qui seraient de toute évidence erronées. Pour arriver à normaliser notre famille, je prendrais probablement les commandes pour gérer les tâches ménagères et m’occuper de mes frères et soeurs. Je vivrais probablement de la honte, je pense que je lui en voudrais d’être ainsi et comme ses comportements peuvent être gênants, je ne voudrais pas les faire découvrir à mes amis. Je serais mal, mais malgré tout, j’hésiterais à en parler puisque sa maladie est gênante…

Simpliste comme exercice direz-vous ? Je vous dirai que non. Prenez quelques minutes pour vous mettre dans la peau de… Vous verrez que peu importe notre statut, notre âge, notre sexe, notre profil de santé, nous avons sensiblement les mêmes besoins et les mêmes aspirations. Le stigma autour de la problématique explique, tout du moins en partie, le  » mal-être  » de ces familles. En ce sens, nous avons tous une petite responsabilité.

Travaillons ensemble pour que les parents et leurs enfants puissent vivre heureux et marcher la tête haute… comme tout le monde ! Sur ce clin d’oeil, bonne semaine !

Hélène Fradet
Directrice générale de la FFAPAMM

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