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CS 2003 | Le temps et la maladie mentale

02 octobre 2003

Lorsque la maladie mentale fait son entrée dans une famille, le temps s’arrête… il devient lourd, étouffant et souvent interminable. Les parents, les frères, les soeurs et les amis de la personne atteinte la voient changer et ne la reconnaissent plus; le cours de la vie se métamorphose. Que faire, quoi dire, comment se comporter, comment s’adapter, comment survivre ?

Ce tableau n’est malheureusement pas l’exception. En fait, il s’apparente à la réalité des membres de l’entourage qui sont isolés et sans soutien. Cependant, lorsque les familles osent aller chercher de l’aide, lorsqu’elles arrivent à passer par-dessus les préjugés qui entourent la maladie mentale, la situation peut radicalement changer. Des gens bien informés qui peuvent bénéficier de formation et qui peuvent tirer profit de différentes mesures de soutien reprennent le contrôle de leur vie et deviennent des accompagnateurs épanouis qui sont capables d’actualiser leur potentiel, l’adaptation à l’épreuve devenant leur force.

Au début des années 1900, le scientifique Albert Einstein affirmait qu’il était plus difficile de désagréger un préjugé qu’un atome; le temps lui a malheureusement donné raison. En 2003, après maints et maints efforts, il est toujours difficile de parler ouvertement de maladie mentale et, curieusement, des milliers de personnes en sont affligées. Les expressions schizophrénie, trouble bipolaire, troubles obsessionnels-compulsifs et dépression sévère provoquent encore aujourd’hui des appréhensions qui sont souvent hors de proportion. Le défi est colossal, mais nous sommes déterminés; un jour, nous pourrons affirmer que la citation d’Albert Einstein n’est plus à-propos et dès lors, il sera devenu plus difficile de désagréger un atome qu’un préjugé !

Durant la semaine de sensibilisation aux maladies mentales qui se tient annuellement en octobre, ainsi que durant toute l’année, nous invitons tous les membres de l’entourage qui sont touchés par la problématique à venir quérir de l’aide auprès de l’une des 42 associations qui sont réparties dans tous les coins de la province. Interventions psychosociales, écoute téléphonique, information, groupes d’entraide et mesures de répit-dépanage ne sont que quelques-uns des services qui sont à la portée de tous.

Au cours de la dernière année, 60 000 demandes d’aide ont été répondues par les groupes-membres de la FFAPAMM, c’est plus qu’encourageant. Il ne faut pas abdiquer, car nous sommes convaincus que le temps jouera en notre faveur et qu’un jour, toutes les familles et amis qui ont un proche atteint de maladie mentale sauront oser réclamer de l’aide, et ce, dès l’apparition des premiers symptômes. L’expérience démontre qu’une intervention hâtive évite d’accroître la détresse émotionnelle des membres de l’entourage. Nous faisons le pari que le temps saura gagner sur les préjugés. Si tous et chacun y mettons du nôtre, le jour est proche où la maladie mentale sera une maladie comme une autre…

Rémy Girard
Porte-parole de la campagne de sensibilisation 2003

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