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Votre collègue de travail a une maladie mentale… Son comportement vous inquiète?

05 octobre 2009

Québec, le lundi 5 octobre 2009 – La 16e campagne de sensibilisation de la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM) s’est amorcée hier et se déroule jusqu’au 10 octobre prochain partout au Québec. Cette année, la FFAPAMM relève un défi de taille en voulant toucher les intervenants des différents milieux de travail puisque les employeurs se disent de plus en plus préoccupés par la maladie mentale. Comment la reconnaître, comment la démystifier, comment ne pas tomber dans le piège des préjugés, comment y faire face? La FFAPAMM vient à la rescousse des employeurs et des travailleurs du Québec à l’aide de cette campagne présidée par le nouveau porte-parole et conférencier Jean-Marc Chaput, ayant lui-même vécu de près la réalité de la maladie mentale avec sa propre fille, atteinte de troubles de la personnalité limite.

Actuellement, de 25 à 30 % des cas d’absentéisme au travail sont attribuables à une forme ou à une autre de maladie mentale. Au Canada, ce problème entraîne chaque année la perte de 35 millions de jours de travail. La maladie mentale compte pour 30 % des demandes d’indemnité pour invalidité, ce qui représente des coûts de 15 à 33 milliards de dollars par année au pays. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 450 millions de personnes souffrent de troubles mentaux et comportementaux. En 2020, selon ses estimations, la dépression deviendra la deuxième cause d’invalidité dans le monde, juste après les maladies cardio-vasculaires.

Paradoxalement, il s’agit d’une problématique dont les préjugés sont extrêmement résistants, au point où les personnes atteintes et leurs familles demeurent souvent isolées. À preuve, l’Association médicale canadienne révèle qu’à peine 50 % des Canadiens accepteraient de dire à des amis ou à des collègues de travail qu’un membre de leur famille a une maladie mentale, contrairement à un taux de 72 % concernant l’annonce d’un cancer.

Les maladies mentales : silencieuses et omniprésentes dans nos milieux de travail
Au travail, les collègues composent avec leurs préjugés, leurs limites et leur inconfort face à des problèmes qui dérangent. La maladie mentale peut prendre diverses formes, entre autres : troubles de l’humeur, schizophrénie, troubles anxieux et les troubles de la personnalité. « Le problème, c’est que la plupart du temps, devant les comportements bizarres ou désagréables d’un collègue, les employeurs et les collègues de travail ne se doutent pas ou n’envisagent pas qu’il puisse s’agir d’une maladie mentale » explique Jean-Marc Chaput faisant référence aux difficultés qu’a vécues sa fille dans son milieu de travail. Il ajoute : « Tous avaient bien été témoins de ses crises, mais personne n’osait en parler. Ils avaient tenu pour acquis qu’elle avait un tempérament difficile. Ils se disaient : ‘’ Elle est comme ça! ‘’ et attendaient que la tempête passe. Ils subissaient l’orage comme s’il s’agissait d’un mal nécessaire, ne se doutant aucunement de l’ampleur du tsunami qui déferlait dans tout son être. »

Plusieurs personnes qui composent avec des symptômes de maladie mentale peuvent demeurer longtemps sur le marché du travail avant d’être traitées. Ce faisant, il est possible que leur productivité soit à la baisse, qu’elles commettent plus d’erreurs et que leurs échéanciers ne soient pas respectés. Ainsi, le scepticisme, la colère, l’impatience, la compassion et l’empathie s’entrecroisent au fil des jours, des semaines et des mois.
Plusieurs comportements constituent des signes de maladie mentale qui, très souvent, ne mentent pas : des absences répétées et des retards fréquents; des plaintes de fatigue et de douleurs physiques; un manque d’intérêt; des problèmes de concentration, de prise de décisions, de mémoire, de coopération avec les compagnons de travail; des difficultés à respecter un échéancier, à faire un travail de qualité et à maintenir un niveau de productivité. De telles attitudes chez un employé ou un patron démotivent l’entourage créant un climat de travail insupportable et contre-productif.

La portée des préjugés et comment les déjouer
Ce n’est pas évident de reconnaître la maladie mentale chez un collègue de travail. La situation équivaut à marcher sur des œufs et, surtout, nous ne sommes pas des professionnels. Les personnes ayant une maladie mentale sérieuse font face au plus haut niveau de stigmatisation dans le milieu du travail. Les préjugés se traduisent par la discrimination et l’exclusion, une non-reconnaissance des compétences, l’incompréhension, l’étiquetage (on ne voit que le malade et non la personne) et le peu d’ouverture des employeurs.

La personne atteinte, de son côté, vit dans la négation de sa condition, et ce, malgré la souffrance qui l’habite. Elle refuse de demander de l’aide parce qu’elle a peur d’être rejetée et un facteur non négligeable est qu’elle peut redouter les réactions de ses pairs ou de ses supérieurs. De leur côté, ces derniers se sentent dérangés, voire choqués par les comportements de la personne et les conséquences que cela engendre sur le travail. Certains peuvent être effrayés et bouleversés et n’osent pas demander de l’aide par crainte d’exacerber le conflit.

Que faire, à quel moment intervenir et de quelle façon? Vers qui les employeurs ou les collègues de travail peuvent-ils se tourner lorsque ce phénomème touche l’un des leurs? « Tout comme les parents et les membres de l’entourage, les gestionnaires et les collègues sont souvent démunis devant toutes les questions relatives à la santé mentale d’un compagnon de travail » explique M. Michel Houle, président de la FFAPAMM. La maladie mentale est un problème de société et les tabous sont souvent reliés à la méconnaissance et à l’ignorance. Il est important pour les membres de l’entourage et les collègues de travail d’avoir accès à l’information, à la formation et à différentes mesures de soutien leur permettant de jouer pleinement leur rôle d’accompagnateur.

Des services gratuits sont à la portée des familles et des différents milieux de travail à travers la province. Le réseau des 40 associations de la FFAPAMM regroupe des gens d’expérience qui viennent en aide aux familles, aux amis et aux collègues des personnes atteintes de maladie mentale. Fortes de leur expertise, les associations membres de la FFAPAMM leur permettront de comprendre, d’accéder à des séances d’information et d’échanger avec des intervenants, les orientant vers la meilleure façon de composer avec la réalité d’un collègue de travail atteint de maladie mentale.

Gestionnaires et collègues de travail, n’hésitez plus! Votre collègue a une maladie mentale… Son comportement vous inquiète? Appelez-nous au 1 800 323-0474 ou visitez notre site Internet au www.avantdecraquer.com.

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À propos de la FFAPAMM
La Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM) regroupe 40 associations dont la mission est d’offrir du soutien aux membres de l’entourage d’une personne atteinte de maladie mentale. Présente sur le territoire québécois depuis plus de 23 ans, la FFAPAMM, par l’entremise de ses associations membres, répond à plus de 60 000 demandes d’aide annuellement.

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