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La gestion des attentes et des émotions

Les attentes sont génératrices d’émotions. Lorsqu’on répond à une attente, on vit de la satisfaction, de la joie. Cependant, lorsqu’on n’y répond pas, on vit de la frustration, de la déception, de la colère, etc.

Il est donc essentiel de comprendre quelles sont nos attentes pour pouvoir y répondre par soi-même.

Voici en résumé les étapes pour satisfaire ses attentes

Étape 1 : Différencier attentes, besoins et désirs

Attente : Action d’attendre quelqu’un, quelque chose, de compter sur quelqu’un.

Besoin : Sentiment de privation qui porte à désirer ce dont on croit manquer ; nécessité impérieuse.

Désir : Action de désirer, d’aspirer à avoir, à obtenir, à faire quelque chose ; envie, souhait.

Étape 2 : Les freins à l’autosuffisance

  • Qu’est-ce qui m’empêche de combler moi-même mes besoins ?
  • Est-ce que je désire que quelqu’un s’occupe de moi ?
  • Si autrui réussit à satisfaire mes besoins ou mes attentes, est-ce que je considère cela comme une preuve d’amour ou est-ce que cela me fait sentir important ?

Étape 3 : Le réalisme de l’attente

La gestion du stress

Il est reconnu qu’une personne qui accompagne un proche dans son rétablissement vit généralement beaucoup de stress. En fonction du statut qu’elle occupe (parent, enfant, fratrie, conjoint, amis, etc.), de son âge ou du lien qui l’unit à son proche, la personne va vivre différentes émotions qui peuvent affecter son équilibre personnel.

Fait à noter, vivre avec de graves préoccupations entraînent un niveau d’anxiété qui peut devenir aussi important que le problème qui l’engendre. Le stress est une réaction physique et émotive qui est ressentie par tous les humains. Lorsqu’il est modéré, il peut nous motiver et nous stimuler. Par contre, lorsqu’il est excessif, il peut avoir des conséquences négatives sur notre santé, sur nos relations familiales ou sociales, notre travail, notre humeur et nos perceptions.

Le stress devient un problème lorsque nos réactions deviennent inadéquates, que nous vivons un profond état d’inconfort, un état de mal être et que nous nous sentons épuisés.

Certaines personnes vont même développer des symptômes physiques reliés au stress tels que des tensions au cou, nœud dans le ventre, souffle court, mal de tête, nausée, agitation nerveuse, baisse de la capacité de concentration, mémoire réduite, irritabilité, nervosité, impatience, procrastination, mouvements brusques, réactivité accrue aux agissements des autres, etc.

Il faut être vigilant, car les conséquences peuvent être néfastes à plusieurs égards.

Une des premières choses à faire est de se questionner : de quoi j’ai peur ? Qu’est-ce qui me perturbe ou dérange dans ma situation actuelle ? Comment voir les choses autrement ? De quoi ai-je besoin pour me sentir mieux ? Est-ce que j’ai confiance en mes capacités à gérer le tout ? Comment j’ai réussi à jongler une situation anxiogène par le passé ?

Identifier les sources de stress et les symptômes permet de mettre en place des moyens rapidement.

Continuum émotivo-rationnel pour situer votre niveau de stress.

Les trois types de pensées

Évaluer son état

Quelle est l’origine de la colère et comment la gérer ?

Ces émotions sont très fréquentes chez les personnes vivant au quotidien avec un proche ayant un trouble de santé mentale. Cela est d’autant plus vrai en raison de l’âge, des liens qui unissent les personnes et d’une méconnaissance de ce qui provoque tout ce tumulte autour d’eux. Tel que Joany en témoigne, aujourd’hui elle comprend mieux la situation et elle a appris à écouter.

Colère et relations

Dès notre plus tendre enfance, nous sommes rapidement mis en contact avec les émotions ainsi que des moyens pour mieux les vivre. Il existe une panoplie d’émotions, telles que la peur, l’ennui, le plaisir, la tristesse ou encore la colère. Cette dernière émotion, bien que présente chez tous les êtres humains, est vécue très différemment d’une personne à l’autre. Cette émotion normale peut être vécue comme problématique alors qu’elle est précisément présente depuis la nuit des temps dans un but de survie pour l’être humain. En effet, la colère a pour rôle de fournir l’énergie nécessaire à vaincre un obstacle qui se lève devant nous. Ainsi, le problème n’est pas la colère en soi, mais plutôt le décodage que l’on peut en faire et la gestion immédiate mise en place par la personne. Au cours de cet article, il sera question de différentes gestions problématiques que les individus puissent faire avec leur colère, comme le refoulement, les explosions surdimensionnées ou encore les comportements passifs-agressifs. De plus, différents moyens de cohabitation avec cette émotion ainsi qu’une exposition au processus émotionnel seront exposés.

L’origine de la colère

La colère est une réaction défensive devant une menace perçue, une perte ou encore un stress. Cette réaction peut provenir d’un élément déclencheur interne ou externe.

  • Un élément déclencheur externe est, par exemple, une rupture amoureuse non tolérée ou encore le mensonge d’un ami proche.
  • Un élément déclencheur interne est, par exemple, une personne qui est très sarcastique et relève toutes les erreurs des autres, ce qui lui évite d’être exposée à ses propres faiblesses.

Ce que nous identifions comme responsable de notre frustration qu’elle soit externe ou interne ne modifie pas la responsabilité qu’ont les individus par rapport à la gestion de leur réaction. En effet, il relève des individus d’apprendre à gérer sainement leur colère.

Nos émotions ont pour objectif de nous informer sur le degré de satisfaction quant à nos besoins et l’état de notre équilibre intérieur. Par conséquent, la présence de la colère indique que l’équilibre interne d’un individu est bouleversé soit par des besoins non satisfaits, des désirs non comblés ou encore, des attentes non répondues. Il est donc essentiel de reconnaître l’origine de la colère afin de pouvoir mieux la vivre et d’avoir des relations interpersonnelles plus saines et épanouies.

Les colères refoulées

Nous apprenons souvent dans notre enfance des moyens pour mieux gérer nos émotions en général. Certaines personnes vont apprendre très tôt à réprimer leurs colères et finissent par utiliser cette technique de façon systématique comme moyen de défense dans le but de ne pas ressentir cette émotion.  Ils vont s’interdire de vivre leurs montées de colère pour éviter toute forme de confrontation autant envers eux-mêmes qu’envers les autres. Leur crainte des confrontations est assez forte pour éviter d’être en contact avec toute forme de colère et d’utiliser bon nombre de stratagèmes pour ne pas accorder de crédit à leur émotion. Malheureusement, ces moyens de défense peuvent mener à des répercussions défavorables. Par exemple, ce pourrait être un manque de respect à leur égard dans les différentes relations interpersonnelles.

À noter : le refoulement des colères peut à moyen long terme, rebondir de façon destructrice et imprévisible, pour soi et/ou les autres.

Les colères explosives

Certaines personnes vont plutôt exprimer leur colère de façon disproportionnée par rapport à l’événement. Ces individus vont envoyer des signaux verbaux et non verbaux nombreux, tels que le visage rouge, des bris d’objets, des insultes ou encore des coups, dans le but de faire savoir leur mécontentement de façon excessive. Ces comportements vont ronger, voire détruire, de façon systématique leurs relations interpersonnelles.

Les difficultés quotidiennes vont raviver leurs frustrations et la colère qui en découlent, ce qui est très déroutant pour l’entourage ne sachant jamais l’état émotif de leur proche. Sans travail sur soi, l’aspiration à avoir des relations harmonieuses et accéder à une paix intérieure liée à l’équilibre est impossible.

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Histoire du clou

Il était une fois un petit garçon qui avait un mauvais caractère. Son père lui donna un sachet de clous et lui dit que chaque fois qu’il se mettrait en colère, il devrait enfoncer un clou derrière la clôture.

Le premier jour, l’enfant enfonça 37 clous dans la clôture, au cours des semaines suivantes, le nombre de clous enfoncés diminua, car il apprenait à se maîtriser. Enfin vint le jour où l’enfant n’eut plus de colère explosive. Son père suggéra d’enlever un clou pour chaque jour où il aurait été capable de se maîtriser. Lorsque tous les clous furent retirés, le père s’adressa à son fils : « C’est très bien, mais regarde les trous dans la clôture. Elle ne sera plus jamais la même. Quand tu dis des choses sous l’effet de la colère, elles laissent des traces identiques à ces clous. Même si tu t’excuses après, la blessure sera toujours présente. »

Le petit garçon, touché par ces mots, leva les yeux vers son père et dit : « J’espère que tu pourras me pardonner pour tous les trous que j’ai creusés en toi. »

« Bien sûr que je peux », dit le père.

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Le passif-agressif

Les personnes passives-agressives n’expriment pas ouvertement leur colère. En effet, elles vont l’offrir aux autres qui les entourent afin que ceux-ci se mettent en colère. Ces gens peuvent blâmer facilement les autres, peuvent exagérer leurs difficultés ou encore se plaindre régulièrement. Il leur arrive d’éviter directement les confrontations ou l’expression de leur colère et de mettre en place divers modes relationnels, consciemment ou pas. Certaines personnes vont « bouder » et souvent procrastiner.

 

Au lieu de refuser directement la tâche proposée, les personnes adoptant des comportements passifs-agressifs vont seulement éviter d’accomplir la tâche dans le but de s’en échapper. De plus, les messages envoyés sont ambivalents, c’est-à-dire que ces personnes peuvent dire sur un ton gentil et affectueux un commentaire peu flatteur, ce qui rend l’entourage perplexe. Par la suite, ces personnes peuvent nommer que leur proche est trop sensible dans sa réaction devant leurs commentaires ambivalents. Souvent critique envers les autres, il est possible que ces individus s’enferment dans le silence plutôt que de discuter.

Quoi faire avec sa colère ?

En premier lieu, il est important d’arrêter de se blâmer soi-même et sortir de son rôle de victime. Nous sommes responsables de nos propres émotions et il est possible d’améliorer cette gestion.

Étape 1

  1. Faites une observation de vous-même lorsque vous vous sentez blessé afin de remarquer vos modes réactifs.
  2. Accepter votre colère sans mettre en place un masque afin de la cacher. Cela vous permettra par la suite de mieux cohabiter avec votre colère.
  3. Identifier les différents éléments internes et externes qui déclenchent plus facilement votre colère.

Cette première identification permet d’être plus à l’écoute de soi-même dans de telles situations. De plus, un auto-questionnement permet aussi de cerner le centre du problème de la colère. Ces questionnements doivent vous amener à pouvoir identifier la cause de votre colère et ce qui vous fait réagir de la sorte.

Étape 2

  1. Décrivez votre sentiment de colère tout en vous demandant comment vous réagissez par rapport à ce sentiment.
  2. Décrivez les sensations corporelles associées à la colère.
  3. Évaluez les avantages de demeurer dans cet état ainsi que le besoin de rester accrocher à cette colère.

En guise de pratique à se questionner, il est intéressant de tenter de faire l’exercice avec des contrariétés peu capitales afin de devenir plus familier.

Processus émotionnel en 5 étapes

Phase 1

La première phase du processus émotionnel déconstruit en cinq étapes est l’émergence, soit le moment où apparaît la colère. Cette émotion peut prendre plusieurs formes à travers des sensations, comme la peur. Cette première phase se termine lorsqu’une personne est capable de nommer clairement son émotion.

Phase 2

La deuxième phase est celle de l’immersion. À cette étape, la personne doit ressentir l’émotion qui est apparue et s’abandonner à elle telle quelle afin de la laisser être dans toute son intensité. Lorsqu’une personne consent à ressentir complètement son émotion, la transition vers la troisième phase commence.

Phase 3

Le développement, qui correspond à la troisième étape du processus émotionnel, est celui où l’expérience peut se diviser et se déployer de manière à laisser apparaître différentes facettes. À ce niveau, la personne doit faire une exploration active des éléments qui composent l’état émotif. Plus l’expérience est complexe, plus cela nécessite de mettre en lumière l’ensemble des facteurs qui ont conduit à cette émotion.

Phase 4

La phase de la prise de signification débute afin de pouvoir saisir le sens de notre expérience. À ce stade, il en est de comprendre pourquoi nous ressentons cette émotion afin d’en tenir compte et de savoir comment agir. En complétant cette quatrième étape, l’individu se dirigera automatiquement vers la dernière phase qui est l’action unifiante.

Phase 5

L’action unifiante se fait soit par l’action, l’expression verbale ou les deux à la fois dans le but de nommer exactement le vécu à son proche concerné par l’événement ayant déclenché la colère. Évidemment, lors de l’expression verbale, il est important de pouvoir s’adresser à votre proche de façon calme en évitant les attaques ou encore les reproches. Assurez-vous que l’autre personne a bien compris ce qui vient d’être nommé en validant le tout.

Lors d’une communication verbale non violente, il est aussi suggéré d’écouter ce que votre proche a à nommer afin qu’il puisse s’exprimer. Une écoute attentive est importante et il est tout aussi important pour vous de valider votre propre compréhension.

Parfois, dans une telle interaction, il peut être possible qu’une entente soit négociée dans le but de pouvoir trouver des solutions et obtenir satisfaction à vos besoins ou désirs non répondus. C’est l’insatisfaction à vos besoins, désirs ou attentes qui contribue à faire émerger la colère. Le terrain d’entente établi avec l’autre personne devra être rediscuté plus tard. Il est donc important de garder à l’esprit que se connecter avec sa propre capacité à reprendre la maîtrise de soi et son aptitude à régler ses difficultés ne se fait pas sous l’effet de la colère ou de toute autre émotion.

Ainsi, prendre soin de soi, dans l’immédiat, représente souvent ne rien faire dans le but de prendre consciemment une distance avec notre colère. Cela peut se traduire par un temps d’arrêt afin de prendre de grande respiration et s’adonner par la suite à une activité, d’au moins 30 minutes, dans le but de se sortir de cette colère pour mieux la rationaliser par la suite.

Il est important de pouvoir se permettre de faire le processus émotionnel pour aller relever les racines du passé qui réveillent la colère du présent. De plus, des moyens communicationnels devront être mis en place à la fin du processus dans le but de pouvoir terminer l’action unifiante.

Pour conclure, la colère est une émotion qui peut paraître simple, mais elle n’est pas vécue de la même façon pour chaque personne selon son propre vécu et ses propres blessures. Apprendre à vivre avec votre colère est une étape essentielle de votre épanouissement personnel dans le but d’éviter la destruction de vous-mêmes ou encore de vos relations interpersonnelles. À travers le processus émotionnel ainsi que les différents moyens de gestion accessibles, il demeure important de se questionner sur les mécanismes de défense mis en place face à vos émotions dans le but de pouvoir les modifier.

 

Gabrielle Brind’Amour, Directrice générale L’Accolade Santé mentale.

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