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Processus d’adaptation

Le processus d’adaptation au changement est un processus naturel de transition, plus ou moins difficile selon l’événement qui le motive. Si la motivation de l’individu découle d’un choix personnel, l’adaptation est évidemment plus facile. Cependant, lorsqu’elle est imposée par un événement imprévu et difficile, comme la maladie mentale, elle entraîne un inconfort qui fera en sorte que l’adaptation demandera plus de temps et soulèvera plus d’anxiété.

La façon dont l’adaptation se vit à l’intérieur de la famille dépend aussi de plusieurs facteurs qui sont déjà présents.

  • La durée de la période de déni. Lorsque l’événement est souffrant, la période de déni peut se prolonger. La situation se détériore et rend l’adaptation plus difficile.
  • L’expérience de vie déjà acquise. L’histoire des succès de nos expériences d’adaptation nous permet d’avoir des outils pour d’autres réussites. La famille qui a déjà traversé des moments difficiles avec succès seramieux outillée pour faire face à un nouveau défi. De même, un individu qui a une certaine expérience de la vieaura plus de facilité à reconnaître sa maladie et les pertes qu’elle lui impose.
  • Le sens donné à l’événement. Lorsque nous voyons la difficulté comme une expérience nouvelle à intégrer plutôt qu’une catastrophe incontournable, nous sommes plus motivés pour l’affronter. Ainsi, les familles qui acceptent la venue de la maladie mentale comme un élément à ajouter à leur histoire de famille risquent de mieux s’adapter que celles qui la perçoivent comme une défaite du réseau familial.
  • Le milieu de vie socioculturel et les attentes du milieu. Les familles qui maîtrisent certaines connaissances sur les processus d’apprentissage et ajustent leurs attentes aux réalités de nouvelles situations réussiront plus facilement leur adaptation. Ces connaissances ne sont pas liées au niveau d’éducation des membres de la famille mais plutôt à leurs valeurs familiales, leur respect mutuel pour les capacités de chacun et leur ouverture à apprendre de nouvelles habiletés pour le bien-être de toute la famille.
  • Le rôle de la personne dans le réseau familial. En fonction des limites de la personne atteinte et des impacts sur les membres de l’entourage, l’adaptation de chacun dépend également de sa place dans le réseau familial et des changements de rôles associés.
  • Le stade de vie de la famille. L’âge et le stade de vie des différents membres de la famille seront des déterminants importants de la capacité d’adaptation de chacun et de l’entité familiale. La maladie d’un proche se vit différemment pour un jeune frère que pour un parent ou un conjoint.

Chaque période de transition amène de l’anxiété et de l’inconfort mais nos défenses psychologiques peuvent aider à réduire ce trouble. L’être humain ne peut pas rester en situation de défense, c’est un outil d’adaptation mais pas une fin en soi.

 

Qualités individuelles

En plus des déterminants familiaux, certaines qualités individuelles influencent la capacité d’adaptation. Nous faisons référence à :

  • la capacité d’action, la croyance que nous sommes en contrôle de notre vie ;
  • la flexibilité, la capacité de changer ;
  • la capacité d’atteindre un état d’équilibre de la pensée et des émotions ;
  • une perception juste des événements et de nos compétences ;
  • l’accès aux émotions et à leur libre expression ;
  • des liens satisfaisants avec autrui ;
  • l’estime de soi.

Si cette liste vous semble idéalisée, sachez que toutes ces qualités peuvent s’acquérir. Certaines personnes auront besoin de soutien pour les reconnaître, mais elles sont accessibles. Il suffit de trouver l’aide nécessaire pour en faire l’apprentissage.

Tous ces éléments font partie de l’évolution du processus d’adaptation et ce, tant pour la personne atteinte que pour sa famille. De ce fait, il est donc difficile de prédire le temps qu’il faudra à chacun pour retrouver un équilibre acceptable. Il faudra faire des choix et pour mieux vivre l’expérience, les membres de la famille et la personne atteinte peuvent s’aider en s’appropriant les outils suivants :

  • Faire une recherche active d’information. Rien de mieux pour se sentir équipé que de s’informer. La maladie mentale et ses impacts commencent à être mieux connus et recensés. Il est important de bien comprendre pour se sentir moins dépassé. Les associations de famille ont été créées par les familles qui ont développé des services pour répondre à des besoins qu’elles connaissaient bien. Il faut demander de l’aide.
  • Exprimer positivement ses émotions. Toutes les émotions incluant les plus difficiles comme la colère et la culpabilité sont des réactions naturelles à des événements douloureux. Elles méritent d’être exprimées et ilexiste des moyens pour le faire sans nuire à l’entourage. Trouver l’endroit approprié pour vous exprimer sans contrainte et sans culpabilité, à titre d’exemple, en compagnie de bons amis ou dans un groupe d’entraide.
  • Reconnaître sa frustration. La maladie mentale d’un proche soulève un sentiment d’impuissance chez tous ceux qui veulent aider. Cette frustration doit être reconnue et exprimée par ceux qui la ressentent, préférablement dans un milieu soutenant et sans jugement comme les groupes d’entraide.
  • Faire appel à de l’aide extérieure. Cette aide peut prendre différentes formes selon les besoins. Il faut reconnaître le fardeau imposé par la maladie mentale et accepter l’aide disponible. Parfois, quelqu’un d’autre peut intervenir avec plus d’efficacité auprès de votre proche. S’épuiser mentalement et physiquement en prenant en charge son problème n’est pas une solution, éventuellement on se retrouvera avec deux personnes en détresse.
  • Adopter une approche systématique aux problèmes et aux solutions. La maladie mentale d’un proche soulève plusieurs difficultés, elles ne peuvent pas être solutionnées toutes en même temps. À chaque difficulté, il est préférable de trouver une solution à votre mesure. Ainsi, vous aurez le sentiment d’avoir plus de contrôle sur la situation. Il faut aussi reconnaître les problèmes sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir et accepter que la solution ne nous appartient pas.
  • Prendre conscience de nos limites physiques et émotionnelles. Nous avons tous des limites et le fait de ne pas les respecter risque de mettre en péril notre propre santé, ce qui est très peu aidant pour votre proche.
  • Garder confiance en soi et les autres.
  • S’armer d’optimisme !

Finalement, certaines qualités familiales sont nécessaires pour assurer le succès du processus d’adaptation face à un événement qui affecte tous les membres de la famille. Développer ces qualités peut demander à une famille de changer ses façons de faire et les changements demandent que tous les membres prêtent main-forte. Il faut se rappeler que face à un réseau familial souffrant, il peut être avantageux de changer son approche pour diminuer cette souffrance. Si, ensemble, vous réussissez à vous entendre sur les actions suivantes, vous pourrez vous féliciter d’avoir réussi l’adaptation nécessaire pour survivre comme famille.

  • La famille doit accepter de traiter la maladie d’un proche comme un problème familial et non pas comme le problème d’un seul membre de la famille. Cette acceptation ouvre la porte à la recherche de solutions communes et évite que le fardeau retombe sur les épaules d’une seule personne.
  • Les membres de la famille doivent identier clairement l’élément stresseur lié à la maladie : est-ce le manque de motivation, les délires, la dépendance affective, les nuits blanches ? Chaque membre de la famille doit pouvoir exprimer ce qui le dérange le plus pour ensuite chercher avec ses proches une solution adaptée au problème.
  • Les problèmes identifiés par les membres de la famille doivent être traités en adoptant une approche de résolution de problèmes.
  • L’information concernant la maladie et ses répercussions doit être partagée avec tous les membres de lafamille qui sont en contact régulier avec la personne atteinte. Lorsqu’une communication efficace est établie, les membres de la famille sont mieux outillés pour agir.
  • Les membres de la famille auraient intérêt à exprimer clairement leur engagement envers la personne atteinte. Si certains membres refusent de s’impliquer, cette décision doit être traitée avec tolérance et respect par les autres membres de la famille.
  • Pour maintenir une cohésion familiale, le rôle de chacun des membres de la famille devra être revu périodiquement ainsi qu’un nouveau partage de tâches et de responsabilités.
  • En tout temps, les membres de la famille doivent  se sentir à l’aise d’avoir recours à des ressources du milieu pour alléger le fardeau.

Évidemment, le processus d’adaptation peut être long et perçu comme difficile. Cependant, lorsqu’il est complété, tous les membres de la famille ont fait des gains.

 

À retenir

La famille est plus que la somme de ses éléments. La modification de l’un des sujets entraîne une modification de tous les autres et del’ensemble du système. La famille fonctionne en spirale et non pas de façon linéaire. Elle s’adapte graduellement aux changements avec des moments forts et des moments fragiles.

 

Source : FFAPAMM. La résilience.

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