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Processus de deuil

Au cours d’une vie, chaque être humain vivra des deuils. Ils différeront selon leur degré d’intensité, leur durée ainsi que leur signification. Ces deuils peuvent être des moments de transition et d’adaptation, ou des moments d’inertie et de négation. Ces périodes ne peuvent pas être évitées et elles ont certains éléments encommun.

Dans tout processus de deuil, nous retrouvons trois stades.

  1. Le stade de protestation et de négation. Ce stade sert d’amortisseur au choc dans la période où la personne ne peut pas croire ce qui lui arrive. Il empêche la destruction de la personne et de la famille en leur donnant le temps d’intégrer la mauvaise nouvelle. Il permet aussi l’amorce de la recherche d’alternatives.
  2. Le stade de la reconnaissance de la perte et de la Les émotions, tels la colère, le désarroi, la culpabilité et la peine, se succèdent dans un tourbillon. C’est une période d’incertitude, d’errance, de flottement qui est caractérisée par une sensation de perte de contrôle de la situation. C’est le moment où la personne reconnaît la perte, tente de l’accepter et de lui donner un sens.
  3. Le stade de la réorganisation. La douleur devient moins intense et la personne reprend le contrôle de son quotidien. Le tourbillon des émotions est toujours présent, mais nous lui reconnaissons un état passager. Avons-nous accepté la situation ou sommes-nous en train d’apprendre à vivre avec cette nouvelle réalité ?

Les étapes du processus de deuil sont similaires pour tous les individus. Par contre, elles comprennent des éléments émotionnels importants qu’il faut reconnaître chez les membres de l’entourage d’une personne atteinte d’une maladie mentale. Le déni, la colère, la peur, la honte, la culpabilité et l’impuissance sont des émotions souvent identifiées comme étant les plus souffrantes. En raison de la nature «tabou» de la maladie mentale et des difficultés éprouvées avant de connaître la nature du problème, les étapes du processus du deuil pour les familles évoluent souvent de la manière suivante :

  1. Au commencement, on nie. Même si la famille a de la difficulté à les constater, elle peut observer des symptômes inquiétants et des comportements étranges. Des prétextes sont invoqués comme une crise d’adolescence, une peine d’amour, un problème de consommation. On a de la difficulté à reconnaître la vraie raison.
  2. Suite à un épisode de crise ou une hospitalisation d’urgence, la famille vit de la reconnaissance : le problème est identifié par un professionnel de la santé. Le diagnostic mobilise la famille qui se met à la recherche de solutions sans avoir beaucoup d’information sur les effets à moyen et à long termes de la maladie. Puisque l’on a maintenant un diagnostic, on croit avoir trouvé la solution miracle. La personne atteinte reçoit son congé de l’hôpital et quitte avec sa prescription en main. Pour la famille, le problème est identifié et tout va rentrer dans l’ordre.
  3. De retour à la maison, la tension s’installe. La crainte de voir réapparaître les symptômes mène à l’impasse. Le malaise ge les membres de la famille et l’incertitude s’installe. Les médicaments entraînent des effets secondaires difficiles à gérer comme la perte de motivation. Les effets à moyen et long termes de la maladie demeurent incompris. La famille a beaucoup misé sur la réponse médicale pour s’apercevoir que celle-ci a des limites. Le niveau de stress est très élevé face à la possibilité de faire ou dire la mauvaise chose. On commence à douter du diagnostic. On ne vit plus la crise mais plutôt l’inertie.
  4. La période de calme est très souvent suivie d’une nouvelle période de crise. La désorganisation s’installe et confirme la présence de la maladie. Le proche redevient à nouveau un patient et le professionnel traitant impose un traitement sans offrir de solutions pour les problèmes soulevés à l’intérieur du réseau familial. Cette rechute confirme le diagnostic aux yeux de l’équipe médicale et de la famille. La famille vit beaucoup d’émotions.
  5. La famille vit un moment difficile et il devient important d’éviter le blâme : on cherche des causes ou un coupable. Certains membres de la famille se culpabilisent, d’autres cherchent une réponse dans des traitements alternatifs. C’est le moment de respecter le rythme d’adaptation de chacun pour éviter des mésententes importantes.
  6. C’est aussi un moment où l’on vit une perte d’espoir. La famille constate la diminution du niveau de fonctionnement de son proche et perd espoir dans le traitement, elle reconnaît que la maladie ne sera pas temporaire. Des ajustements importants doivent être apportés aux rêves que l’on nourrit pour celle ou celui que l’on aime. La famille et la personne atteinte vivent des sentiments de perte ; ils sont successivement tristes et découragés. Il devient difficile d’avoir recours à l’action. Chaque membre de la famille vit un moment de tristesse qu’elle ou qu’il devra gérer à son rythme et selon ses besoins. Cette phase exige de la maturité et du respect pour permettre à chacun de retrouver son équilibre. L’accès à l’information et le soutien de l’extérieur sont importants durant cette étape dont la durée varie selon les individus.
  7. Éventuellement, on recolle les morceaux et l’équilibre se rétablit. Il s’agit d’un équilibre fragile qu’on devra souvent rétablir mais qui se nourrit d’attentes plus réalistes. Des choix difficiles devront être faits pour maintenir cet équilibre, notamment en ce qui concerne l’hébergement de la personne atteinte de maladie.

Il faudra aussi définir clairement le rôle que nous comptons jouer auprès de notre proche. Heureusement, les familles ne sont plus seules face à ces choix. Elles peuvent faire appel à différentes ressources qui leur permettront de bien choisir, de concert avec leur proche, le traitement approprié, le milieu de vie et les limites à imposer. Ces choix aideront à retrouver le réseau familial, un réseau transformé et peut-être même enrichi par la maladie. La réorganisation et l’adaptation ne sont pas définies dans le temps, mais elles sont à la portée de tous.

 

À retenir

La maladie mentale est une cause de détresse autant pour la famille que pour la personne atteinte et chacun doit se battre pour survivre à cet événement. C’est le processus d’adaptation.

 

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