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Comprendre la maladie mentale de votre proche

Jetons un œil rapide sur quelques maladies mentales. Il est primordial de se rappeler que l’ensemble de ces troubles mentaux se traitent dans une approche thérapeutique globale. En d’autres mots, en complémentarité à un programme de réadaptation qui favorisera la reprise de ses activités, votre proche sera invité à prendre une médication adaptée qui pourra soulager ses symptômes.

Schizophrénie
Il s’agit d’une maladie psychique qui s’accompagne d’une perte du contact avec la réalité, de délires, de modifications de la pensée, du langage et du comportement. Les personnes sont souvent incapables de faire la distinction entre la réalité et leur propre perception des événements.

Trouble bipolaire
Ce trouble désigne une affectation qui comporte deux pôles d’émotions. Il s’agit de sautes d’humeur récurrentes, anormales, persistantes et incontrôlables. Le chaos émotif qui découle de cette maladie peut entraîner de graves conséquences du point de vue social.

Dépression sévère et persistante
La maladie va affecter la mémoire, la pensée, le jugement et l’état d’esprit. Elle a un impact sur la façon de se sentir, de penser, de manger, de dormir et d’agir. Contrairement à des dépressions passagères occasionnées par des chagrins de la vie, votre proche ne sera pas capable de surmonter ce profond sentiment de tristesse.

Trouble de la personnalité limite
Il s’agit d’un trouble qui fait référence à un dysfonctionnement d’ordres psychologique et social. La personne a des comportements inadaptés et enracinés. Sa personnalité est anormale, soit dans l’équilibre de son jugement, de ses émotions et de ses comportements. Ses relations avec les autres sont souvent très instables.

Trouble obsessionnel-compulsif (TOC)
Il s’agit d’un trouble de la pensée et du comportement. Il débute lorsque les anxiétés et les incertitudes deviennent des obsessions. Contre sa volonté, la personne voit surgir à son esprit des pensées ou des images de façon répétitive. La personne est consciente de l’absurdité de ses pensées ou de son comportement.

 

Reconnaître votre souffrance

De prime abord, il faut savoir que la maladie mentale de votre proche aura des répercussions sur votre vie. En fonction du statut que vous occupez dans la famille, de votre âge et du lien qui vous uni à la personne, vous allez vivre des émotions parfois difficiles. Une combinaison de sentiments risque d’affecter votre propre équilibre. Culpabilité, inquiétude, frustration, impuissance et tristesse peuvent être au rendez-vous; c’est normal.

Le stress inquisiteur
Vivre avec de graves préoccupations entraîne un niveau d’anxiété qui peut devenir aussi important que le problème qui l’engendre. Le stress est une réaction physique et émotive qui est ressentie par tous les humains. Lorsqu’il est modéré, il peut vous motiver et vous stimuler. Par contre, lorsqu’il est excessif, il peut avoir des conséquences négatives sur votre santé, sur vos relations familiales ou sociales, votre travail, votre humeur et vos perceptions.

Le stress devient un problème lorsque vos réactions deviennent inadéquates, que vous vivez un profond état d’inconfort, un état de mal être. C’est logique que vous vous sentiez épuisé. Par contre, il faudra être vigilant, car votre santé risque de vous échapper et les conséquences peuvent être néfastes à plusieurs égards.

S’aider pour aider
Il est possible que vous ne ressentiez pas le besoin d’aide, mais n’oubliez pas que vous n’arriverez pas à accompagner de façon optimale si vous souffrez d’épuisement. Il faut prendre soin de vous. Malgré ses difficultés, votre proche reste un individu à part entière et la maladie ne doit pas prendre toute la place. Pour aider et accompagner efficacement, il est essentiel de reconnaître vos signes de stress, de fatigue et de fixer vos limites.

Facile à dire, direz-vous? Nous convenons qu’il s’agit d’un processus exigeant qui repose sur vos épaules, mais il s’agit d’un défi qu’il est possible de surmonter en allant chercher de l’aide auprès des groupes membres du Réseau Avant de Craquer.

 

Identifier votre rôle

Il est possible que vous ayez de la difficulté à reconnaître votre rôle et vos besoins, car toute votre attention et vos énergies sont possiblement dirigées vers ceux de votre proche. Nous vous proposons ici un concept qui vous permettra d’amorcer la réflexion : le modèle CAP (Client-Accompagnateur-Partenaire).

Client
Il est démontré scientifiquement que la détresse des membres de l’entourage d’une personne atteinte de maladie mentale est trois fois plus élevée que celle de la population générale, ce qui veut dire qu’en raison de votre grande fatigue physique et psychologique, il se peut que vous ayez besoin d’aide.

En ce sens, votre santé est importante et vous ne devez pas la négliger. Il est de votre droit de vous considérer comme un client du système de santé et de recevoir des services du réseau public et d’organismes communautaires regroupés au sein du Réseau Avant de Craquer.

Accompagnateur
L’expérience démontre que l’implication des membres de l’entourage est une plus value dans le processus clinique. Pour ce faire, deux conditions sont essentielles : il faut que vous soyez soutenu et que votre expertise soit reconnue et appréciée.

Vous détenez une grande force, soit celle de connaître la personnalité et les habitudes de vie de votre proche. Vous avez un bagage d’expériences d’essais et d’erreurs qui peut servir. Accompagner un proche fait référence au soutien que vous pouvez lui offrir et non pas à la prise en charge de sa vie, et ce, dans le respect de la confidentialité de son dossier et de son autonomie. Un défi qui vaut la peine d’être relevé!

Partenaire
Les membres de l’entourage sont des partenaires actifs dans l’organisation des services. Par la voie des groupes membres du Réseau Avant de Craquer, vous pouvez participer activement aux différents mécanismes de concertation reliés à l’organisation des services de santé mentale de votre territoire. Sans oublier l’espace que vous pouvez occuper à titre de membre ou d’administrateur du groupe membre du Réseau Avant de Craquer de votre territoire.

 

Faire vos choix

Accompagner un proche atteint de maladie mentale engendre des dilemmes et des questionnements. Heureusement, vous avez du pouvoir sur votre parcours en établissant vos priorités et vos limites. Pour vous aider à identifier vos pistes d’action et faire vos choix, voici quelques options.

  • Discutez franchement avec votre proche de votre implication dans son rétablissement.
  • Évaluez le temps que vous allez lui consacrer.
  • Analysez ce que vous êtes capable de faire de façon réaliste.
  • Consultez les autres membres de la famille la répartition de certaines tâches.
  • Confiez-vous à une personne en qui vous avez confiance.
  • Soyez à l’écoute de vos besoins; faites attention à votre alimentation et à vos heures de sommeil.
  • Soyez patient et indulgent envers vous-même.
  • Ne négligez pas votre santé.
  • Explorez les différents services qui peuvent être mis à votre disposition, pour vous et pour votre proche.
  • Contactez votre groupe membre du Réseau Avant de Craquer pour un rendez-vous, sans obligation d’engagement de votre part.

Il s’agit ici de 10 suggestions dont certaines sont plus difficiles que d’autres à appliquer dans votre quotidien. Donnez-vous la chance d’essayer, car l’expérience démontre que vous allez finir par voir émerger des solutions que vous n’auriez pas imaginées avant de faire l’exercice.

 

Comprendre les bénéfices d’être impliqué dans le processus de rétablissement de votre proche

Toutes les études qui ont été réalisées démontrent que l’implication des membres de l’entourage dans le processus clinique engendre de grands bénéfices pour tous; la personne atteinte, les cliniciens et les familles sont gagnants. Il a été prouvé que lorsque l’accompagnement est adéquat, les bénéfices suivants sont observés :

  • diminution des taux d’hospitalisation et de rechute;
  • amélioration de l’adhésion aux choix de traitement;
  • augmentation des taux de récupération;
  • diminution de la participation au système de justice pénale;
  • économies pour les systèmes de santé mentale et de dépendance.

Petits conseils pour faire équipe avec votre proche

  • Parlez ouvertement de la possibilité de vous impliquer dans le suivi de son traitement.
  • S’il est d’accord, demandez-lui d’en aviser l’équipe traitante.
  • Rassurez-le concernant votre degré d’implication (principales informations pour comprendre son problème).

Si votre proche refuse que vous soyez impliqué dans son suivi, il ne faut pas vous sentir exclu; il a le droit et vous devez respecter son cheminement. Dans un tel cas, il est important d’établir vos limites et de clarifier avec votre proche les règles qui permettront une saine communication entre vous.

Rappelez-vous que la notion de confidentialité et le secret professionnel auxquels sont tenus les différents intervenants ne briment pas votre droit de transmettre de l’information (ex. : vos observations sur les attitudes et comportements de votre proche) et que vous pouvez également en recevoir sur tous les aspects qui ne sont pas confidentiels (ex. : symptômes de la maladie, conseils pratiques sur la façon de réagir face aux comportements difficiles de votre proche, services dispensés dans l’établissement ou dans la communauté).

 

Établir votre plan de match

Il n’y a pas de recette magique, ni parfaite pour accompagner quelqu’un dans le besoin. À la base, il y a votre volonté, celle de votre proche et celle des professionnels. Mais au-delà de l’ouverture des uns et des autres, il faut considérer que les gens proviennent de milieux et d’univers différents, qu’il y a un processus d’adaptation à faire de part et d’autre. Ayant en tête ces constats, établissez votre plan de match pour réunir les conditions gagnantes afin de Faire partie de la solution!

1. Prenez rendez-vous avec le groupe membre du Réseau Avant de Craquer le plus près de chez vous afin d’expliquer votre situation et de vérifier si l’offre de services de la ressource est en concordance avec vos besoins.

2. Lorsque la situation est favorable, discutez et partagez avec votre proche sur l’aide que vous pouvez apporter. En tout temps, respectez sa décision d’accepter ou de refuser votre implication.

3. Discutez avec le professionnel responsable du suivi de votre proche des bénéfices encourus de votre implication possible; il saura peut-être influencer positivement votre proche.

  • Vous pouvez aider à maintenir l’alliance thérapeutique.
  • Vous êtes une source d’information sur l’évolution de votre proche.
  • Vous pouvez reconnaître les signes précurseurs d’une rechute.
  • Vous êtes une source positive de motivation.
  • Vous reconnaissez à votre proche son droit à la confidentialité sur les aspects de sa vie personnelle et affective.

4. Mettez sur papier les renseignements que vous allez partager lors de la rencontre avec le professionnel et préparez vos questions. En fonction de la volonté ou non de votre proche, il est possible que les réponses du professionnel soient d’ordre général.

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Source du texte : Règles d’or pour faire partie de la solution : un fascicule d’information destiné aux membres de l’entourage d’une personne atteinte de maladie mentale

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