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Le « ministre du peuple » vit-il sur notre planète?

16 mai 2001

Parution dans Le Nouvelliste | Édition du 21 mai 2001
Parution dans Le Soleil | Édition du 22 mai 2001
Parution dans Le Droit | Édition du 24 mai 2001

Québec, le 16 mai 2001 – La preuve en est faite aujourd’hui: le ridicule ne tue pas!!! Comment peut-il être possible qu’un politicien chevronné comme M. Trudel OSE penser que le « peuple » qu’il affirme représenter, acceptera de perdre le peu de pouvoir qu’il détient?

Nous sommes sous le choc. Le projet de loi 28 qui veut redéfinir la composition des conseils d’administration des régies régionales et des établissements publics nous laisse bouche bée. L’idée même d’un tel projet nous amène à analyser de quelle façon le Parti Québécois perçoit sa population.

Chers lecteurs, permettez-moi de vous établir les liens avec l’expérience qu’ont vécu les membres de l’entourage des personnes atteintes de maladie mentale. Depuis l989, à partir de fondements idéologiques, d’une Politique de santé mentale vertueuse et d’orientations ministérielles plus « politiquement correctes » les unes que les autres, le gouvernement a largué ses responsabilités aux citoyens. Pourquoi? La raison est fort simple: les promesses n’ont JAMAIS été suivies de gestes concrets pouvant soutenir l’ampleur des besoins de services dans la communauté. Cette situation a fait en sorte que nos familles à travers le Québec sont devenues, par la force des choses, des dispensateurs de services. Pour se défendre et se faire entendre, elles se sont impliquées auprès des conseils d’administration des régies régionales et des établissements, les seules portes d’entrée à leur disposition. Aujourd’hui, le gouvernement veut leur fermer la porte; cette idée est machiavélique!

L’expérience vécue en santé mentale doit servir à l’ensemble des citoyens car demain matin, c’est nous tous qui y perdrons. Plus aucun citoyen n’aura le loisir de se faire élire de façon démocratique pour défendre les intérêts de la population. Impliquez-vous, favorisons l’engagement de la communauté, valorisons l’action bénévole, donnons la parole et le pouvoir aux citoyens disent-ils!

Des promesses et des discours sans fondements, les citoyens en ont assez et à ce compte, le projet de loi du Ministre du peuple fait peur. Sans tomber dans la paranoïa, tout laisse à croire que de moins en moins de services vont être disponibles dans le réseau public et que de plus en plus de responsabilités vont être transférées aux citoyens. Il n’y a qu’à penser aux personnes atteintes de maladie mentale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et j’en passe… Qui, aujourd’hui et demain, devront s’occuper d’elles?? A-t-on idée des abus de pouvoir qu’exerceront les régies régionales auprès de ces dits « aidants naturels »?

Ce n’est pas un petit forum ici et là et un protecteur des usagers qui vont permettre aux nôtres de défendre leurs droits comme ils le font actuellement. M.Trudel explique que seulement 0.9% de la population siège sur les conseils d’administration. N’y aurait-il pas eu lieu de revoir cette proportion à la hausse, de trouver de nouvelles façons de faire qui accentueraient la démocratie? Non, le gouvernement a choisi l’inverse prétextant l’imputabilité…

Au nom de la démocratie et des 8 500 personnes que la FFAPAMM représente, nous souhaitons ardemment que le premier ministre Landry ramène son ministre de la santé et des services sociaux sur… TERRE!!

Hélène Fradet
Directrice de la Fédération des familles et amis de
la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM)

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