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Maladie mentale et violence: Au-delà des préjugés

06 février 2007

Parution sur Cyberpresse.ca | Édition du 7 février 2007

Québec, le 6 février 2007 – Depuis quelques semaines, les médias nous rapportent des drames familiaux où la violence est associée au passage à l’acte d’une personne atteinte de maladie mentale. Un père abattu et une mère frappée à coups de bâton de baseball ; deux parents agressés par leur propre enfant.

Notre première réaction en est une de désolation et de consternation de voir des familles souffrir, voire même mourir, isolées et complètement démunies devant des situations de crise qu’elles ne peuvent contrôler. La bonté et la tolérance des familles, mais également la peur et l’impuissance, les entraînent souvent, à leur insu, dans un cul-de-sac d’où elles ne peuvent plus se sauver. Des tragédies qui font la une des grands quotidiens et qui, du même coup, entretiennent les préjugés à l’endroit des personnes qui ont des troubles mentaux.

Notre deuxième réaction, et non la moindre, en est une d’indignation envers le système. Malgré la réorganisation des services de santé mentale et un plan d’action presque exemplaire, comment se fait-il qu’en 2007, on ne puisse assurer un suivi ponctuel aux personnes qui ont une maladie mentale qui présentent un haut risque de dangerosité? Chez certaines personnes, l’absence de médication et d’encadrement adéquats peuvent les amener à commettre des gestes irréversibles tant pour elles mêmes que pour les membres de leur entourage. On ne parle pas ici de la majorité des personnes qui sont atteintes de maladie mentale, mais d’une très faible minorité qui devient plus que visible lorsque les drames surviennent. .

Selon les convictions, certains diront qu’il faut resserrer, donner des dents à la loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui. D’autres, qu’il faut mettre en place des services de crise, qu’il s’agit d’implanter ou de consolider les ressources dans la communauté. En fait, toutes ces réponses sont bonnes, tout comme les orientations proposées par M. Couillard dans son plan d’action en santé mentale.

Il devient difficile de cerner LE problème, puisqu’il s’agit d’un enchaînement relié à l’organisation des services, de chicanes corporatives et de financement déficient. Chose certaine, pendant que les gestionnaires, les fonctionnaires et les politiciens s’investissent à trouver LA solution, des familles meurtries compensent tant bien que mal pour le manque de ressources dans la communauté. La FFAPAMM et ses 42 associations leur offrent des mesures de soutien soit, mais il n’en demeure pas moins qu’elles doivent assumer des responsabilités qui vont au-delà de leur capacité.

Il est grand temps que quelqu’un, quelque part, prenne les commandes, puisque la vie de certaines familles est insoutenable et le jugement de la population à l’endroit des personnes atteintes de maladie mentale risque d’en prendre pour son rhume.

Hélène Fradet, directrice générale
Fédération des familles et amis de la
personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM)

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