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Quand l’indifférence tue… Il faut tuer l’indifférence !

30 septembre 2010

Lettre Ouverte

Québec, le 30 septembre 2010 | Saviez-vous qu’aujourd’hui, les troubles mentaux sont responsables de 8,8% de la charge de mortalité dans le monde et que le cancer, un problème de santé hautement respecté, atteint de son côté les 13% ? Comment expliquer qu’un mince écart de 5%. du taux de mortalité puisse entraîner un large décalage qui se traduit entre l’indifférence et l’intérêt collectif ?

C’est la semaine de sensibilisation aux maladies mentales, une semaine comme une autre pour la majorité de la population. Pourquoi cette indifférence, ce désintérêt alors que les troubles mentaux peuvent entraîner la mort et ce, d’une façon très significative ? Il faut poser la question pour trouver collectivement des éléments de solution. Malgré les efforts de sensibilisation du gouvernement et de différentes organisations, les troubles mentaux demeurent une problématique que l’on cherche à cacher, voire même à ignorer.

Selon Santé Canada, 72% des Canadiens accepteraient de dire qu’un proche est atteint d’un cancer et seulement 50% partageraient l’annonce d’une maladie mentale. Pourtant, les troubles mentaux devraient interpeller tout le monde, les jeunes comme les plus âgés, les plus pauvres comme les plus riches. Les données statistiques parlent d’elles-mêmes car une personne sur 5 (20% de la population) souffrira d’une maladie mentale au cours de sa vie et 4 personnes sur 5 (80% de la population) auront à côtoyer, un jour ou l’autre, une personne atteinte de maladie mentale. Un sujet qui concerne 100% de la population, ce qui n’est pas peu dire.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 80% des personnes atteintes n’ont pas accès aux soins. D’ici 2030, la dépression sera la deuxième cause de morbidité dans les pays à revenu intermédiaire et la troisième principale cause dans les pays à faible revenu; il est plus que temps de s’ouvrir et de s’intéresser aux maladies mentales. Non, ce n’est pas simple, non ce n’est pas toujours rose car la maladie mentale déstabilise l’ensemble des membres d’une famille. En raison de la présence de nombreux stigmas, le scénario populaire s’apparente au profil suivant : la personne atteinte demeure trop longtemps et trop souvent prisonnière de ses symptômes et les membres de son entourage restent isolés en entretenant la spirale de leur détresse.

C’est en acceptant d’en parler et en accueillant avec ouverture les personnes et leurs proches que les préjugés autour de la problématique s’estomperont au fil du temps. Il est révolu le temps des asiles, de l’époque où l’on parlait de folie et d’internement à vie. En 2010, la maladie mentale doit gagner ses lettres de noblesse au même titre que les maladies physiques. Le rétablissement des personnes atteintes de maladie mentale est possible et l’accompagnement offert par leur proche est un élément essentiel qu’il faut reconnaître et appuyer.

Parlez-en; parlons-en ensemble ! Demandez à votre voisin, votre ami, votre collègue s’il a dû composer avec la maladie mentale d’un proche, s’il est préoccupé par cette problématique. Vous serez surpris de voir à quel point il s’agit d’un problème courant et important. Il faut collectivement redonner un sens à cette souffrance et lui permettre de trouver sa place dans le domaine de la santé.

Sont cosignataires de la lettre :

  • Hélène Fradet, directrice générale de la FFAPAMM et rédactrice
  • Jean-Marc Chaput, porte-parole de la FFAPAMM
  • Céline Chaput, épouse de Jean-Marc Chaput
  • Michel Houle, président de la FFAPAMM
  • Lord Morris, ambassadeur de la campagne de sensibilisation 2007
  • Maryse Guillemette, ambassadrice de la campagne de sensibilisation 2008
  • Jean Faullem, avocat-conseil de la FFAPAMM, Noël & associés
  • Mario Bousquet, Coordonnateur, Coalition pour le développement du logement social en santé mentale de Québec
  • Luc Vigneault, directeur général de l’Association des personnes utilisatrices des services de santé mentale de la région de Québec (APUR)

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