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d'une personne atteinte
de maladie mentale.
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Réponse à la lettre ouverte de M. Robert Labrosse, publiée dans Le Devoir, édition du 1er décembre 2011, intitulée La maladie mentale qui fait peur

02 décembre 2011

Réponse à la lettre ouverte de M. Robert Labrosse, publiée dans Le Devoir, édition du 1er décembre 2011, intitulée La maladie mentale qui fait peur

Dans votre lettre publiée dans Le Devoir du 1er décembre dernier, vous critiquez notre thème de campagne « Sa maladie mentale va me rendre fou », en plus de nous reprocher d’amplifier la stigmatisation des personnes qui composent avec une maladie mentale. Chacun à droit à son opinion et nous la respectons. Cependant, de notre point de vue, nous y voyons la position inverse.

Vous affirmez que le slogan a été utilisé pour pimenter une publicité, en prenant une facette d’une situation pour l’exploiter. Sachez que ce slogan vient de la bouche même de nos gens. C’est leur cri du cœur qui traduit le désarroi, l’exaspération et l’impuissance des membres de l’entourage qui sont sans ressources et sans soutien pour accompagner leur proche atteint de maladie mentale dans son rétablissement. Dans les faits, la détresse de l’un s’entremêle avec celle de l’autre, au point où tout le monde peut se rendre mutuellement « fou ». D’ailleurs, personne n’est à l’abri de perdre pied dans des situations de haut niveau de stress, que ce soit à l’annonce d’un cancer, d’un divorce, d’un décès ou d’une perte d’emploi. Qui n’a pas déjà utilisé l’expression populaire « devenir fou ou folle » pour décrire son état d’exaspération ?

Vous prétendez que les organismes qui représentent les membres de l’entourage dépendent trop de la FFAPAMM et qu’ils en sont rendus à se laisser imposer la diffusion d’une telle affiche. Au contraire, rien n’est imposé. La Fédération soumet le matériel promotionnel à ses membres et chacun a le loisir de l’utiliser, à sa guise, dans le cadre de ses activités d’information et d’éducation.

Vous écrivez que cela n’a rien d’une œuvre pour lutter contre les préjugés, pour réduire la peur en ce qui concerne la maladie mentale, pour réduire la stigmatisation. Le Petit Larousse 2011 décrit la stigmatisation de la façon suivante : blâmer avec dureté et publiquement. À cet égard, notre message ne se veut pas stigmatisant. Il ne vise qu’à exprimer la détresse et à encourager la demande d’aide. Cependant, nous sommes évidemment conscients qu’il peut provoquer la discussion dans les familles. Il s’agit peut-être d’une opportunité pour s’asseoir et discuter du point de vue de l’un et de l’autre. La vie est une aventure qui nous entraîne à vivre des expériences diversifiées, la maladie mentale en est une. Si elle n’est pas banale chez la personne qui en est affectée, elle peut être toute aussi éprouvante pour les membres de l’entourage que nous représentons.

La FFAPAMM croit et prône le principe du rétablissement et nous croyons fermement que la majorité des familles peuvent être des alliés de premier rang. Pour ce faire, il faut reconnaître leur souffrance et intervenir de façon préventive pour éviter des situations malheureuses. Notre campagne vise notamment ce volet en misant sur la consultation du microsite www.avantdecraquer.com.

Nous tendons la main à toutes les personnes qui doivent composer avec une maladie mentale en les remerciant d’être sensibles à la détresse de leur famille. C’est ensemble que nous pourrons aller plus loin. Les débats sont sains, il faut les encourager et ce, dans le respect des uns et des autres. Nous invitons toutes les personnes atteintes et les membres de leur entourage à en discuter.

Jean-Yves Turmel, président
Hélène Fradet, directrice générale

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