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Développer l’estime de soi chez les jeunes

01 mars 2002

« Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils peuvent être… » -Goethe

L’estime de soi constitue sans aucun doute l’élément le plus important en ce qui a trait à la santé mentale et à l’équilibre psychologique d’un individu. En effet, il est indéniable qu’une faible perception de soi chez un jeune peut nuire grandement à son développement et à sa vie future. Voilà pourquoi les parents doivent se soucier que leur enfant se forge une perception de soi forte, solide et saine puisqu’elle s’avère l’assise du bonheur et de l’harmonie de la personne.

Qu’est-ce que l’estime de soi?

Le concept de soi constitue l’ensemble des perceptions et des croyances que l’individu entretient au sujet de lui-même. Pour ce qui est de l’estime de soi, elle se définit comme étant le sentiment que la personne éprouve relativement à sa valeur en tant qu’être humain et l’anticipation qu’elle a d’être acceptée ou rejetée par les autres. C’est en quelque sorte la perception et la confiance en ses propres capacités, à l’égard de soi.

Comment se développe l’estime de soi?

L’estime de soi se développe très tôt au cours de l’enfance et évolue tout au long de sa vie. D’une part, les parents exercent une influence déterminante sur le plan de l’estime de soi de l’enfant. Qui plus est, les enseignants et toutes les personnes significatives dans la vie du jeune sont également des agents importants concernant l’édification de l’estime de soi de l’enfant. Ainsi, c’est en majeure partie par l’intermédiaire du regard des personnes de son environnement que l’enfant, et éventuellement l’adulte, développe ses perceptions et ses croyances envers lui. Pour l’enfant, les adultes sont comme un miroir où il se perçoit. À travers l’image que lui reflète son univers, l’enfant apprend qui il est. Donc, si les adultes transmettent à l’enfant une image positive de lui-même, il développera sainement son estime de soi et sa confiance en soi. En devenant adulte, bien qu’en principe l’individu filtre davantage les messages reçus et s’approprie avec plus de discernemement ce que l’entourage perçoit à son sujet, l’effet miroir demeure présent. C’est pourquoi il est essentiel d’apprendre à filtrer les informations afin de ne pas ternir l’image de soi.

Vous connaissez l’estimomètre?

C’est un appareil dans notre cerveau qui mesure l’estime de soi. C’est un outil très dynamique qui fluctue constamment selon les perceptions positives et négatives filtrées par notre miroir personnel. En cas d’absence d’antireflet efficace, qui empêche de laisser entrer les virus affectant l,estime de soi, les + sont annulés par des – et l’individu se sent maussade. Attention: il est essentiel de faire le plein de + pour conserver son équilibre. Le positif annule et anéantie le négatif.

Afin de vérifier où se situe votre jeune relativement à l’estime de soi, nous vous proposons de répondre au questionnaire suivant.

1. Lorsque l’enfant parle de lui, il a généralement tendance à mentionner ses limites, ses faiblesse et ses défauts plutôt que son potentiel, ses forces et ses qualités.

  • Oui
  • Non

2. Quand l’enfant reçoit un compliment ou fait un bon geste, il a tendance à minimiser ou à neutraliser les traits positifs en parlant de ses limites, de ses faiblesses et de ses défauts.

  • Oui
  • Non

3. L’enfant se déprécie, se perçoit négativement, se trouve niais, peu intelligent, etc.

  • Oui
  • Non

4. L’enfant est insécure et manque de confiance en lui.

  • Oui
  • Non

5. L’enfant se compare souvent aux autres et s’évalue inférieurement par rapport à ses pairs.

  • Oui
  • Non

6. L’enfant manque d’autonomie et se dit souvent incapable de faire es choses qui sont pourtant appropriées pour son âge.

  • Oui
  • Non

7. L’enfant craint la nouveauté, s’adapte difficilement ou éprouve des difficultés à aborder de nouvelles personnes (timide, gêné, craintif, etc.).

  • Oui
  • Non

8. L’enfant réagit négativement face aux difficultés, a peur de l’échec ou craint de décevoir ses parents.

  • Oui
  • Non

9. L’enfant perçoit que ses parents, ses amis ou d’autres personnes significatives de son environnement ne l’accepte tel qu’il est ou le rejette.

  • Oui
  • Non

10. L’enfant est négatif et défaitiste.

  • Oui
  • Non

11. L’enfant a des attentes irréalistes face à lui-même. Il surévalue ses capacités et éprouve des difficultés à identifier ses limites.

  • Oui
  • Non

12. L’enfant survalorise les aspects positifs de sa personnalité et de son comportement pour se défendre de ses traits négatifs et de ses agissements inadéquats.

  • Oui
  • Non

13. Au contact de son frère, sa soeur ou de ses pairs, l’enfant méprise les autres comme pour prouver qu’il est supérieur ou meilleur que ceux-ci.

  • Oui
  • Non

14. L’enfant accuse les autres et n’admet pas ses torts.

  • Oui
  • Non

15. L’enfant est très axé sur le Paraître (son apparence) plutôt que sur l’Être (ses valeurs, ses qualités, etc.).

  • Oui
  • Non

Pour les questions 1 à 10.
Dans l’éventualité où vous avez répondu oui à plusieurs questions, il est fort probable que votre jeune possède une faible estime de soi. Par conséquent, vous devrez investir davantage sur cet aspect de sa personnalité. Par contre, si vous avez répondu par la négative dans la majorité des cas, il ne vous reste plus qu’à continuer à bonifier cette estime de soi afin qu’elle demeure forte et saine. Si votre enfant enfant correspond aux énoncés 11 à 15 inclusivement, il est possible que son estime de soi soit survalorisée. En effet, certaines personnes donnent l’air d’avoir une grande confiance en eux alors que cette allure de supériorité camoufle une faible estime de soi.

L’estime de soi: la clé de la réussite!

Une faible estime de soi chez un jeune peut avoir des effets très négatifs sur le développement de sa personnalité. En effet, malgré un bon potentiel, certains jeunes éprouvent des difficultés à réussir car le manque de confiance en eux les empêchent d’actualiser leur potentiel. Le doute, la peur de l’échec et l’insécurité empêchent de prendre des risques, de foncer et d’avancer; une faible estime de soi, c’est comme avoir des boulets aux pieds qui immobilisent la personne. En nourirssant ses perceptions et ses anticipations négatives, la personne se forge une prison intérieure. Parfois, l‘individu perd la motivation à faire quoique ce soit car il est convaincu que cela ne sert à rien d’agir ou d’essayer car de toute façon, il va échouer. De plus, une faible estime de soi peut entraîner les conséquences suivantes:

  • Difficultés d’apprentissage
  • Faible socialisation
  • Insécurité
  • Dépendance, manque d’autonomie
  • Peur du risque, de l’échec, etc.
  • Faible sentiment de contrôle sur sa vie
  • Lacunes sur le plan des processus de résolution de problèmes
  • Méfiance envers les gens
  • Difficulté à prendre des décisions
  • Stress
  • Influençable
  • Gêne, timidité
  • Anticipe négativement son avenir
  • Risque d,avoir recours à la nourriture, les drogues, les jeux de hasard ou d’autres formes de dépendance pour gérer le stress et ses émotions
  • Risques de comportements autodestructeurs

Par contre, avec une estime de soi forte et saine, un jeune est davantage en mesure de foncer dans la vie, de relever des défis, de gérer son stress et de régler ses problèmes. La confiance en soi est souvent indispensable pour réussir ce qu’on entreprend.

Voici une liste d’éléments susceptibles de nuire au développement de l’estime de soi:

  1. L’utilisation de la comparaison et de la compétition.
  2. La surprotection (cela confirme à l’enfant son incapacité et l’empêche de devenir autonome et responsable).
  3. Les jugements négatifs, les étiquettes péjoratives, dénigrer et dévaloriser l’enfant, les paroles blessantes, les humiliations, etc.
  4. Les qualificatifs dégradants attribués à l’enfant.
  5. Le manque d’investissement des parents et de l’entourage sur le plan de la relation interpersonnelle avec l’enfant.
  6. La négligence et la violence subies par l’enfant.
  7. Les exigences et les attentes disproportionnées des parents et de l’entourage de l’enfant à son égard.
  8. Le manque de stimulation pour aider l’enfant à se développer.
  9. La culpabilité.
  10. La non-acceptation de l’enfant.

Cependant, il existe des moyens susceptibles de renforcer l’estime de soi ches le jeune.

  1. Améliorer notre propre estime personnelle.
  2. Encourager et féliciter, reconnaître et souligner les forces et les aspects positifs de l’enfant.
  3. Stimuler son développement et l’aider à accroître ses compétences et ses forces.
  4. Favoriser l’autonomie, le sens des responsabilités et lui manifester de la confiance.
  5. Inciter le jeune à relever des défis qui sont à sa mesure.
  6. Aider le jeune à prendre conscience de ses habiletés, de ses talents, de ses capacités, de ses progrès et l’aider à apprendre de ses erreurs.
  7. Respecter l’enfant.
  8. Investir dans la relation interpersonnelle auprès de l’enfant.
  9. Les paroles et les gestes de considération avec l’enfant.
  10. L’acceptation inconditionnelle: ressentir et démontrer à l’enfant votre appréciation pour ce qu’il est au moment précis où l’on s’occupe de lui.
  11. S’émerveiller devant ses réalisations et le valoriser.
  12. Favoriser chez l’enfant la découverte de moyens pour pallier à ses lacunes et lui apprendre à vivre avec ses limites.
  13. Prendre le temps d’écouter l’enfant et de faire des activités avec lui.
  14. Favoriser l’expression des émotions.
  15. Favoriser des contextes dans lesquels il peut faire des expériences.
  16. Attribuer à l’enfant des responsabilités.
  17. L’aider à ce qu’il puisse trouver ses propres façons de résoudre ses problèmes.
  18. Assurer à l’enfant que c’est lui et pas d’autres enfants que vous auriez voulu quand vous l’avez eu.
  19. Avoir des attentes réalistes face à l’enfant.
  20. Inciter l’enfant à contrôler lui-même ses agissements et à réparer ses torts quand il contourne les règles établies. L’autorité parentale et mettre ses limites constituent des preuves d’amour.

ÊTRE FOU DES ENFANTS…

VOILÀ UN BON MOYEN DE RENFORCER L’ESTIME DE SOI!

En complémentarité à cet article, je vous propose deux contes que j’ai rédigés à l’intention des parents. Comme pour les enfants, les histoires permettent aux adultes de réfléchir, de s’identifier et sont souvent l’amorce de changements dans sa façon de percevoir les choses. Alors n’hésitez pas à vous laissez bercer au pays des rêves!

LE CONTE DU PETIT LIÈVRE QUI SE SENTAIT ÉPUISÉ

Dans un mignon petit terrier situé sur le bord d’une sapinière en bordure du Saguenay vivait un petit lièvre qui avait fait tellement d’effort qu’il se sentait épuisé.

Depuis sa tendre enfance, Rapido fonçait à vive allure dans la forêt pour impressionner ses parents. Il était reconnu comme étant le jeune lièvre faisant les sauts les plus spectaculaires parmi son groupe d’âge. Son désir de plaire était si grand que même lorsqu’il se sentait fatigué, Rapido continuait à courir, parfaois, jusqu’à en perdre le souffle. Bref, dans toutes ses activités quotidiennes, Rapido essayait d’être le meilleur. Par exemple, à l’école, il travaillait avec un tel acharnement qu’il faisait partie des premiers de classe. De plus, Rapido était perçu comme un véritable musicien lors de ses cours de violon et il était également le meilleur au sein de son équipe de hockey. Rapido tentait aussi d’être tout le temps gentil avec ses amis et les asultes de son environnement. Tout le monde admirait Rapido et le considérait comme étant un petit lièvre modèle.

Un jour, Rapido fut atteint d’un drôle de malaise… Il se sentait extrêmement épuisé. Cette fatigue s’accompagnait d’un profond manque d’intérêt et de motivation par rapport à tout ce que Rapido aimait auparavant. L’école, le saut, la musique, le sport et même la course…, plus rien ne suscitait chez lui le moindre désir. Ses parents étaient très déçus et ne comprenaient pas ce qui pouvait affliger (atteindre) leur cher petit rapido.

Alors que Rapido essayait désespérément de venir en aide à ses parents dans la cueillette des carottes, il entendit une drôle de voix qui venait du buisson. En se penchant, il aperçut une carotte qui dansait et sautillait… comme un jeune lièvre. En plus de bouger comme une girouette, cette étrange carotte parlait.

«Cher Rapido», dit la mystérieuse carotte parlante, «je suis triste de voir que tu as perdu tout l’entrain qui t’animait. Cependant, pour retrouver ta joie de vivre, tu dois absolument transmettre un message à tes parents.»

«Qu’est-ce que je dois leur dire?» répondit rapido.

«Mon ami Rapido, tes parents doivent connaître la phrase pleine de sagesse qui permet aux jeunes lièvres d’être heureux. En mettant en application ce sage conseil, l’énergie et le goût de vivre reviendront chez toi.»

«Mais quelle est cette fameuse phrase», dit Rapido sur un ton qui laissait tranparaître son impatience.

Et la carotte parlante enchaîna: «Aimez-moi pour ce que je suis et non seulement pour ce que je fais.» Immédiatement après avoir livré son message, la carotte parlante quitta Rapido en courant vers le pré.

Rapido rejoignit ses parents. Dès l’arrivée à la maison, il s’empressa de discuter avec ceux-ci. En voyant ses yeux tout illuminés lorsqu’il prononça les mots plein de sagesse transmis par la carotte parlante, ses parents firent un grand «déclic» et comprirent le message de Rapido.

Depuis ce temps, Rapido peut vivre paisiblement et jouer à sa guise. Que ce soit dans ses jeux ou dans ses travaux, ses parents montrent à Rapido qu’ils sont fiers de lui et heureux d’avoir un tel fils. Désormais, Rapido ne se sent plus fatigué. Il possède tellement d’énergie que lea autres lièvres à son contact se sentent entraînés par un dynamisme incroyable. Rapido n’a jamais oublié par la suite la carotte parlante. Avant de manifester ses attentes concernant les gens de son entourage, il s’assurait de bien les connaître. Cela lui permettait de respecter ceux-ci et de leur venir en aide pour développer leurs aptitudes et leur potentiel.

LE CONTE DE LA PETITE POULE QUI PERDAIT SES PLUMES

Au royaume du Saguenay, dans une jolie basse-cour, près d’un étang où pataugeait une multitude de canards et de huards, vivait une petite poule rousse qui perdait ses plumes.

À l’aube de sa vie, alors qu’elle était chaleureusement recroquevillée dans son oeuf, la coquille protégeant Rouquine avait failli se fracasser en tombant du nid. Terrifié par ce malheureux accident, ses parents veillaient depuis ce temps avec beaucoup de précaution sur Rouquine. Sa maman poule la couvait constamment afin que rien ne lui arrive. Pour sa part, le papa coq la défendait quand un autre habitant de la basse-cour l’approchait comme s’il s’agissait d’une situation où Rouquine aurait été la proie d’un éventuel prédateur.

Alors qu’elle n’était qu’un petit poussin, Rouquine appréciait beaucoup les soins bienveillants de ses parents. Cependant, au fur et à mesure que sa croissance la projetait dans le monde des poules, Rouquine commença à se sentir mal dans sa chair de poule. Comme une autruche, il lui arrivait souvent de se cacher la tête dans le sable. Cette situation faisait de Rouquine la risée de toute la basse-cour. Les oies en profitaient alors pour lui picosser le dos en riant et en cacardant. Progressivement, Rouquine perdit ses plumes rousses. Dès lors, ses parents furent très inquiets et se demandèrent ce qui pouvait être à l’origine d’un tel mal-à-l’âme chez leur Rouquine adorée. Ils consultèrent de nombreux spécialistes mais aucun des médicaments prescrits ne permettaient à Rouquine de recouvrer sa santé… et ses plumes.

Un jour où maman poule et papa coq sombraient dans le désespoir, une mystérieuse poule, qui volait aussi bien qu’un goéland, fit son apparition dans la basse-cour. En voyant l’état de Rouquine, la super poulette bionique fit preuve d’un grand étonnement. Ses yeux se transformèrent en point d’interrogation. La super poulette bionique engagea alors une longue discussion avec Rouquine. Dans les propos de la jeune poule rousse, elle découvrit qu’une immense insécurité envahissait son coeur. Bien qu’elle souhaitait vivement devenir adulte, Rouquine avait tellement été surprotégée qu’elle se sentait incapable d’affronter la vie. Rouquine était submergée par l,angoisse et la peur, à un point tel, qu’elle en perdait ses plumes.

Immédiatement après sa discussion avec Rouquine, la super poulette bionique se rendit parler de la situation de la jeune poule rousse à maman poule et papa coq. Pour guérir Rouquine du terrible mal qui l’affligeait, la super poulette bionique conseilla aux parents divers trucs susceptibles d’améliorer la confiance en soi de la gentille poule rousse. Un des moyens pour venir en aide à Rouquine consistait à développer chez elle des stratégies pour affronter le stress et lui montrer des façons pour résoudre ses problèmes. Elle devait apprendre à devenir autonome. De plus, en lui donnant des responsabilités, cela lui prouverait qu’elle est digne de confiance et favoriserait ainsi une meilleure estime de soi chez Rouquine.

À peine quelques semaines après avoir mis en application les tactiques de la super poule bionique pour guérir Rouquine, quelques plumes se pointèrent sur son dos. Quelques mois plus tard, Rouquine était redevenue la magnifique petite poule rousse de la basse-cour. Cet événement resta longtemps gravé dans la mémoire des volailles de la région. Cependant, on ne revit jamais la super poule bionique. Mais, depuis ce temps, toutes les mamans poules et les papas coqs élèvent leurs rejetons en favorisant chez ceux-ci l’acquisition d’habiletés indispensables pour s’épanouir de façon autonome dans la vie.

Auteur: Claude-Michel Gagnon, psychologue
Mars 2002

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