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La vie de couple, un défi à la portée de tous

01 octobre 2007

Depuis des lunes, la vie de couple fait jaser. Qui d’entre nous n’a pas émis ou entendu un commentaire sur la relation amoureuse d’un parent, d’un ami. Dans les faits, il existe divers types de couple. Le monde dans lequel nous évoluons et les changements sociaux qui se sont produits au cours des dernières décennies, nous ont littéralement forcés à changer nos valeurs et nos attentes.

Aujourd’hui, lorsque l’on parle de la notion de couple, plusieurs modèles nous viennent en tête : couple hétérosexuel, avec ou sans enfants, couple du même sexe, couple composé de partenaires en provenance de cultures différentes, et autres. Il est de plus en plus difficile de définir très clairement les formes d’union. Reste que la notion mathématique du couple demeure d’actualité puisqu’il s’agit d’un ensemble de deux éléments distincts associés. Quoique le profil des couples soit différent, la majorité des gens qui sont en couple au Québec traversent des étapes similaires. D’une part, il y a les fréquentations, d’autre part, la décision de se marier ou de vivre une relation à long terme, les années productrices au travail, l’âge mûr et la retraite.

Dans la vie courante, au-delà des plaisirs de vivre à deux, la vie de couple comporte des obstacles, il s’agit d’une expérience complexe qui oblige à relever de nombreux défis. Dans bien des familles, les deux conjoints doivent travailler pour boucler le budget et concilier travail et responsabilités familiales. Alors, que survient-il lorsque l’un des conjoints est atteint de maladie mentale?

Dépendant si les troubles mentaux existaient ou non avant l’union, le conjoint réagira différemment. Dans le premier cas, le partenaire connaissant la situation acceptera mieux les événements qui se présenteront, il sera la plupart du temps plus tolérant. Par contre, si le déclenchement de la maladie survient après que le couple se soit formé, la situation sera plus difficile à accepter, ce qui augmentera le fardeau et la tension au sein de la cellule.

Dans tous les cas, des problèmes conjugaux peuvent survenir et lorsque les limites de la nouvelle réalité heurtent les attentes mutuelles, la passion amoureuse peut se transformer. Complètement bouleversé, le conjoint peut à son insu adopter un rôle parental envers le partenaire et glisser vers un contrôle de l’autre de plus en plus inconfortable, et ce, toujours en vue de garder l’équilibre et de stabiliser la vie commune. Le déplacement du rôle du conjoint-accompagnateur peut jouer de très mauvais tours puisque insidieusement, il viendra biaiser les positions affectives. Par ailleurs, pour ce dernier qui tente l’orchestration de toutes les fonctions, le piège de la surcharge se présentera rapidement.

Le conjoint qui accompagne l’autre qui est en difficulté vient à s’oublier et à croire qu’il est impensable qu’il puisse se centrer sur ses propres besoins. De là peuvent découler des malaises physiques tels des problèmes d’hypertension, des étourdissements, de l’angoisse, des sensations d’étouffement, et ce, sans oublier la détresse psychologique qui peut s’installer. Les tâches et les responsabilités de la prise en charge rendent difficile la conciliation avec des activités extérieures hors des murs de la maison. Se sacrifier pour l’autre ne peut perdurer dans le temps et n’est jamais recommandé.

Le conjoint qui accompagne son ou sa partenaire doit préserver son autonomie affective. Il doit s’obliger à garder des occupations personnelles hors des turbulences du foyer. Il doit apprendre et faire respecter ses limites, échanger sur ce qu’il vit et ne jamais hésiter à demander de l’aide. Le conjoint doit pouvoir exprimer ses besoins de façon claire et précise à son (sa) partenaire en développant des mécanismes de communication. Quelques moyens tels la réduction des sources de stress, la qualité de l’écoute, parler de soi et non de l’autre, prendre le temps de négocier et de reconnaître ses erreurs, être authentique et avoir du plaisir avec son partenaire sont des éléments-clés pour maintenir une relation harmonieuse.

Lorsque l’un des conjoints est atteint de maladie mentale, il faut chasser le réflexe de combattre seul et de penser que demander de l’aide peut être interprété comme étant un échec. En 1999, Deleu et Chambon définissaient les besoins de soutien des membres de la famille qui ont un proche atteint de maladie mentale de la façon suivante : la transmission de connaissances sur la symptomatologie, l’enseignement de moyens spécifiques pour faire face aux comportements problématiques, la mise en contact avec des personnes ayant vécu la même situation et la possibilité d’obtenir du répit dans les soins à dispenser à leur proche.

Heureusement pour l’ensemble des Québécois, les associations-membres de la FFAPAMM offrent cette panoplie de services. Or, si vous vivez et/ou accompagnez un proche, un conjoint, un ami atteint de maladie mentale, n’hésitez pas à prendre contact avec la Fédération. Apprendre à maintenir l’authenticité avec la personne atteinte de maladie mentale et découvrir les limites mutuelles de chacun permettent assurément une meilleure chance de s’adapter de manière dynamique et saine. Il n’y a pas de recette miracle, chaque couple a son histoire de vie. Au-delà de la maladie mentale de l’un des conjoints, il n’en tient qu’aux partenaires de s’offrir des mesures de soutien permettant de rétablir et renforcir une relation gagnante.

Source: FFAPAMM | 2007

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