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La santé mentale des familles: Vigilance pour les couples !

01 octobre 2005

En 2005, la notion familiale fait référence à plusieurs modèles et les combinaisons sont de plus en plus variées : une mère et son enfant, un père et ses enfants, un couple avec enfants… Des structures différentes, mais qui font référence au concept familial. En fait, l’image de la famille évolue, mais une chose demeure constante, c’est « l’espace » où les individus commencent leur éducation, établissent leur point d’ancrage sur leurs valeurs morales, se sensibilisent à l’amour et à la vie, les parents ayant entre autres pour rôle de favoriser les liens de soutien et de solidarité.

Soyez attentifs à votre bien-être

Cette cellule si importante est confrontée aux intempéries de la vie et, en ce sens, il faut être attentif à son bien-être. Il est démontré que tout changement majeur, qu’il soit positif ou négatif, peut déstabiliser et ébranler l’équilibre. Dans un contexte où la maladie mentale touche un membre de la famille, plusieurs sentiments apparaissent dont la colère, la culpabilité et l’impuissance. Par ailleurs, le stress peut entraîner des perturbations du sommeil et rendre les membres de l’entourage constamment irritables.

Il est relativement récent que des études portent sur le fardeau familial. Une récente recherche (Provencher, Perreault, St-Onge & Vandal, 2001) révèle d’ailleurs que la proportion d’aidants familiaux qui vivent un niveau de détresse émotionnelle élevée est trois fois plus grande que celle retrouvée dans la population en général.

Inévitablement, la vie de couple n’est pas épargnée. Les heurts quotidiens et les conflits s’intensifient au point où des conséquences physiques, psychologiques et sociales telles que la fatigue, les troubles du sommeil, la perte de contact avec les relations amicales, l’absentéisme au travail gagnent les partenaires. Les conjoints se sentent pris au piège, isolés dans une situation qu’ils n’ont pas choisie et dont ils ne voient pas la finalité. Les parents se sentent responsables et coupables et s’accusent souvent de ne pas soutenir suffisamment la personne atteinte. La vie de couple n’existe plus, le dialogue est rompu et les moments d’intimité disparaissent.

Que faire pour éviter le pire

Dès le départ, il faut se rappeler que la relation de couple est dynamique et non pas statique. Les mésententes font partie de la réalité et elles sont, d’une certaine façon, essentielles. Par ailleurs, les femmes et les hommes réagissent différemment à l’épreuve. Les femmes de tout âge et de tout milieu économique doivent souvent concilier travail, tâches familiales et soutien à un proche nécessitant des soins. L’investissement physique et moral de cette conciliation peut mener à l’épuisement. De leur côté, les hommes vivent davantage un sentiment d’échec, cherchant à garder le contrôle et s’investissent dans la recherche de solutions.

Il n’y a pas de situations faciles. Cependant, la clé du succès réside dans la demande d’aide. Il faut rompre l’isolement, dédramatiser la situation, et ce, sans la nier. Les conflits dans un couple sont utiles, puisqu’ils obligent les conjoints à être attentifs l’un envers l’autre. À cet égard, il est essentiel que le couple rétablisse le dialogue, puisque c’est le moyen par lequel les conjoints vont franchir la distance qui les sépare l’un de l’autre. Le canal de communication doit être restauré, puisque le silence ne fait pas disparaître les souffrances. Bien au contraire, il risque de les aggraver.

Se réapproprier sa vie et son couple

Plusieurs témoignages de couples, de mères et de pères d’une fille ou d’un fils atteint de maladie mentale, font foi du bien-être que les conjoints ont ressenti lorsqu’ils ont décidé d’aller chercher de l’aide.

« Nous y avons appris à développer nos forces et à les utiliser. Notre relation avec notre fils s’est améliorée, ce qui ne veut pas dire que nous ne vivons plus d’inquiétudes. Nous avons appris à lui laisser son espace et à prendre le nôtre. » – Jeannine

Ils se réapproprient ainsi leur vie, se reprennent en main, tout en s’outillant et développant des stratégies d’adaptation spécifiques à leur milieu de vie. Cette démarche leur permet de développer une attitude positive face à leur situation de soutien et un assainissement du climat familial. Accompagner une personne atteinte de maladie mentale comprend des difficultés, mais il ne faut pas oublier que cette action implique également des sentiments de satisfaction reliés à la croissance personnelle et l’affection portée à la personne atteinte.

Les membres de l’entourage, dont les conjoints, développent leur résilience qui se veut cette capacité de l’individu de rebondir face à l’adversité et de prendre avantage sur les circonstances de la vie. Aller chercher de l’aide dans l’une des associationsmembres de la FFAPAMM permet aux membres de l’entourage de comprendre la situation et de rebondir face au stress d’une manière proactive plutôt que passive. De là se dégage une grande vérité : la santé mentale des familles, et plus particulièrement celle des couples, c’est fondamental !

Source: FFAPAMM | 2005

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