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Enfants d’aujourd’hui… Adultes de demain

01 octobre 2006

Si l’on compare les traitements de la maladie mentale à ceux qui étaient offerts il y a 20 ans, nous faisons le constat que ces derniers ont beaucoup évolué. En 2006, quoique les préjugés persistent, nous pouvons prendre pour acquis que les personnes atteintes de troubles mentaux vivent dans la communauté et que le système de soins doit s’inscrire dans cette philosophie. Depuis deux décennies, les orientations ministérielles sont axées vers les services dits communautaires afin d’établir un rapprochement entre les besoins et les services qui se doivent d’être offerts aux personnes qui ont une maladie mentale. Une orientation qui est en toute cohérence avec nos choix de société.

En fonction de cette nouvelle réalité, il devient essentiel de s’attarder aux impacts qui surviennent dans la vie de tous les membres de l’entourage, y compris les enfants des personnes atteintes. Ces derniers vivent souvent dans le silence et grandissent avec un lourd fardeau sur les épaules. Des jeunes fragiles dont il faut prendre grand soin, d’autant plus qu’ils demeurent souvent présents dans le processus de rétablissement de la personne qui présente des troubles mentaux. À cet effet, il est tout inscrit de les outiller adéquatement et ce, peu importe la région où ils habitent.

Le mouvement des familles en croissance

En 1986, un mouvement d’entraide se créait au Québec. C’est ainsi que les parents se dotaient d’une structure leur permettant de répondre à leurs besoins. Il faut comprendre que lorsque la maladie mentale s’inscrit au menu, les familles sont confrontées à leurs propres préjugés. Leur vie familiale est fortement perturbée. Les membres de la famille se sentent impuissants, profondément attristés et rapidement, l’épuisement physique et psychologique les gagne avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer.

Au cours des 20 dernières, années le mouvement s’est développé et aujourd’hui, au-delà de l’entraide, nous retrouvons toute une gamme de services au sein de plus de 40 associations. Au début, les parents, soit les pères et les mères, venaient frapper à la porte. Au fil du temps, les amis, les conjoints, les frères et les soeurs se sont joints à eux ; à leur tour, ils sont venus chercher de l’aide. Dans le cadre de cette campagne de sensibilisation, nous faisons appel aux adolescents et aux jeunes adultes qui ont un parent atteint de maladie mentale.

Impacts de la maladie mentale du parent sur l’enfant

Quoique peu d’études se soient penchées sur la réalité des enfants, des travaux effectués au cours des dernières années ont tenté d’explorer l’influence des problèmes de santé mentale des parents sur celle de leurs enfants ; la vulnérabilité familiale s’est avérée probante. Les enfants qui ont un parent atteint de maladie mentale sont plus susceptibles de développer des difficultés psychosociales. Selon la littérature, les expériences de parents atteints d’une maladie mentale sont similaires en de nombreux points à celles des autres parents, cependant les recherches ont insisté sur leurs circonstances uniques, et plus particulièrement, sur leurs déficits et leurs échecs. En ce sens, pour de multiples raisons telles qu’un environnement chaotique à la maison, une cohésion familiale plus faible, des discordes conjugales, ces enfants ne reçoivent pas toujours les soins parentaux dont ils ont besoin. Ils ont souvent honte de parler de leur situation, et en conséquence, ils peuvent s’éloigner des autres membres de la famille ou de leurs amis, des personnes qui pourraient les soutenir. Émotionnellement, les enfants des personnes atteintes de maladie mentale sont souvent perturbés.

S’ils ne reçoivent pas de soutien, la culpabilité, le ressentiment, la honte, l’embarras et la peur les accompagnent au fil des ans. Face à leur incapacité de s’adapter à la situation, les enfants vont développer des difficultés d’adaptation, tels des problèmes de comportements, des habiletés sociales déficientes, etc. À l’âge adulte, cette expérience de vie peut les amener à éprouver des difficultés relationnelles et émotionnelles. Certains vont vivre des problèmes à entretenir des relations tant amoureuses qu’amicales. À cet égard, ils éprouvent de la difficulté à se faire confiance, mais également émettent des réserves envers les autres.

Cependant, il est important de noter que les études font mention que plusieurs de ces enfants n’ont pas de difficultés anormales, voire que certaines familles s’en tirent plutôt bien. Selon les caractéristiques de l’enfant et des circonstances favorables, l’enfant peut développer sa résilience et ainsi, éviter des problèmes significatifs, voire même utiliser cette épreuve de façon constructive.

La prévention est de mise

Dans un contexte où la détresse psychologique est rattachée à plusieurs facteurs, il y a lieu d’envisager de supporter adéquatement cette clientèle vulnérable. Peu importe dans quelle sphère l’enfant se retrouve, les intervenants de tous les milieux doivent se mobiliser et lui porter une attention particulière. Il faut unir nos forces pour contrer la honte de la maladie mentale car le tabou et le silence qui s’inscrivent autour de cette problématique accentuent l’isolement des enfants.

En ce qui a trait aux adolescents et aux jeunes adultes, il faut les amener à demander de l’aide. Il est important qu’ils se renseignent sur la maladie mentale de leur parent afin de comprendre comment celle-ci a pu et peut influencer leur vie. Aller chercher de l’aide permet de développer de nouveaux moyens de prendre soin de soi, de comprendre et de mettre ses limites. Un pas qui ravive l’espoir et qui diminue les sentiments d’isolement qui ont été trop longtemps vécus.

N’hésitez pas, quelqu’un, quelque part, prendra le temps de s’occuper de vous ! Contactez la FFAPAMM pour une référence.

Source: FFAPAMM | 2006

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