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La rencontre avec un psychiatre: Questions clés

29 janvier 2010

La première hospitalisation à l’automne 1999. Elle est d’accord à sa sortie de l’hôpital pour que je rencontre la médecin-psychiatre avec elle. C’est ma première expérience dans ce domaine. L’accueil du médecin en est une de politesse froide. Il me donne le diagnostic. Elle n’a pas de maladie mentale; elle est Borderline. Je sors du bureau enchantée, emballée. Pas de maladie mentale; tout est possible pour une guérison. Une bonne thérapie et quelques médicaments et le tour est joué. Effectivement, elle avait quelques médicaments à prendre.

De retour à la maison, j’appelle au Pont du Suroît. C’est Chantale qui répond. Je lui exprime mes joies et mes espoirs. Lorsqu’elle m’explique doucement le trouble Borderline, tous mes fantasmes s’effondrent.

Et la valse commence…
Un pas vers les médicaments;
Un pas vers l’avant psychose;
Un pas vers la psychose;
Un pas vers l’après psychose.

C’est une valse que j’ai apprise jour après jour. Sans le support de Chantale et Marc-André, du Pont du Suroît, j’en serais encore à la case départ.

À la deuxième rencontre avec le médecin-psychiatre, je commence à lui poser quelques questions sur la maladie, les comportements et la médication. Comme par exemple: l’automutilation, la psychose, les effets secondaires des médicaments. Au bout de quinze minutes, il regarde sa montre ce qui, pour moi, est un signe de rejet. Je n’ose plus poser de questions.

À la sortie de cette deuxième rencontre, je me suis sentie, dans mes propres mots, «épaisse». Par la suite, je me suis tournée vers Le Pont du Suroît pour avoir de l’écoute et des réponses à mes questions.

Ceci est ma propre expérience dans le cheminement de la maladie mentale.
Depuis un an, ma fille est stabilisée dans sa médication et nous avons un belle relation de confiance.

D’où me vient le questionnement suivant:

Quelles sont les attentes du médecin-psychiatre face au parent aidant?
Que nous soyons des images dans son bureau? Muet?
Que nous soyons non dérangeants dans son temps?

Par la suite, en réfléchissant, je me suis interrogée sur mes propres attentes face au médecin-psychiatre.

Par exemple:
Plus d’ouverture et d’écoute de la part du médecin face au parent:
Quelle est la limite du médecin-psychiatre à entendre les confidences du parent par rapport aux comportements de la personne malade?
Quelle est la disponibilité du médecin-psychiatre pour répondre au questionnement du parent?
Plus d’information de la part du médecin-psychiatre sur le comportement du malade par rapport à la maladie.
Jusqu’où le médecin-psychiatre peut m’informer sur ces sujets sans dépasser la confidentialité?
La confidentialité est-elle un moyen pour le médecin-psychiatre de se défiler?

Plus d’orientation vers des ressources, par exemple:
l’infirmière du malade
un groupe de soutien
les ressources d’aide aux familles (pour moi à Valleyfield, Le Pont du Suroît).

Nicole Pomminville
Mère d’une fille toxicomane et « Borderline. »

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