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Être parent en 2014

Carré transparent_BlancL’expression «parent un jour, parent toujours» ne date pas d’hier et ce vocable laisse présupposer plusieurs choses. Dans un premier temps, à partir du moment où l’on donne la vie, un lien privilégié s’établit avec l’enfant et ce rapport perdurera dans le temps. Dans une autre perspective, le fait de devenir parent crée un sentiment d’obligation relié au bien-être de sa progéniture.

Ce concept laisse à réfléchir car la famille québécoise traditionnelle s’est   transformée. La cellule familiale s’est métamorphosée, tantôt en raison des changements de valeurs, tantôt pour des mobiles sociaux ou économiques. Au-delà de cette nouvelle réalité, nous observons que le statut de parent est souvent rattaché au principe du devoir.

Lorsque tout va bien et qu’aucun obstacle majeur ne vient s’interposer dans la relation parent-enfant, la vie suit tranquillement son cours. Le parent apprend à développer ses compétences parentales et l’enfant apprend à devenir un adulte autonome et responsable avec qui il sera possible d’établir une relation égalitaire.

En fait, tous les parents souhaitent vivre ce scénario. Cependant, lorsque la maladie mentale s’impose dans le cours de la vie, tout bascule. Les attentes des parents doivent être revues et le lien privilégié dont tous rêvent se change parfois en cauchemar. À tel point que de nombreux parents en arrivent à s’oublier complètement. Ils veulent tellement le bien-être de leur progéniture que même si ces derniers sont devenus adultes, ils en viennent à croire qu’ils sont les seuls responsables de la situation. Ils se retrouvent donc démunis dans un contexte de grande vulnérabilité.

Il faut dire que notre société moderne incite à ce mode de pensée. La mauvaise santé de nos fonds publics encourage nos gouvernements à promouvoir les bienfaits et l’implication des «aidants naturels». Lorsqu’un adulte est en perte d’autonomie et que ses besoins requièrent des services payés par l’État, la famille s’avère être un «outil» indispensable.

La FFAPAMM veut faire changer le cours des choses pour les familles et les proches des personnes atteintes de maladie mentale. Les parents, la fratrie et les amis ne doivent plus se sentir coupables du bien-être de l’autre, ils doivent apprendre à composer avec la réalité de la personne qui est atteinte de maladie mentale. Devenir «l’accompagnateur» d’une personne en difficultés, c’est bien différent de la prise en charge associée aux obligations.

La Fédération et ses groupes-membres aspirent à ce que les familles et les proches actualisent leur potentiel. Qu’ils ne soient plus des victimes mais des hommes et des femmes qui ont des capacités, des facultés qui ne demandent qu’à être développées. Qu’ils puissent reprendre le contrôle sur leur propre vie, qu’ils établissent leurs limites en fonction de leurs capacités et non en fonction des besoins de la personne en difficultés.

L’actualisation du potentiel des familles et des proches, c’est permettre à une personne ou à un groupe de reconnaître ses forces, de les développer pour les rendre actuelles. Avec cette paire de lunettes, l’interprétation de l’expression «parent un jour, parent toujours» reprend son vrai sens.

Être parent en 2002, c’est se permettre d’aimer d’un amour inconditionnel sans toutefois vouloir vivre à la place de l’autre. Se respecter mutuellement ne veut pas dire se couper de ses sentiments et de ses émotions, bien au contraire. Permettons donc aux parents d’être bien dans leur peau tout en leur permettant de bien vivre leur statut. Outillons-les pour qu’ils puissent vivre en harmonie avec eux-mêmes et ainsi favoriser une meilleure relation avec leur proche. Ils sont de précieux «accompagnateurs», il faut maintenant que «la société» accepte de leur laisser jouer ce rôle. Et vous, qu’en pensez-vous?

Coté Fleuve 2014

 

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