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Infolettre Vol. 1 – No 1 | Après un automne chaud, que nous réserve l’hiver 2015 ?



Chers lecteurs,

Par cette première édition de l’Infolettre de la FFAPAMM, je me permets de vous partager mon point de vue sur les événements politiques et médiatiques de l’automne. Dans un premier ordre d’idées, malgré la baisse des températures et le panorama hivernal qui s’installe, le climat social a été particulièrement chaud en cet automne 2014. L’inquiétude est palpable au sein de la population, les citoyens étant préoccupés par cette ère d’austérité annoncée par le gouvernement provincial.

Les organismes communautaires, dont la FFAPAMM, sont aux aguets devant l’ampleur des changements reliés aux structures de gouvernance et des impacts possibles dans l’offre des services à la population, notamment ceux en santé mentale. Chacun à notre façon, nous avons tenté de faire entendre nos préoccupations, certains en descendant dans les rues, d’autres en utilisant les corridors politiques. Il s’agit d’un amalgame de moyens de pression exercés sur un gouvernement qui semble déterminé, comme on ne l’a jamais vu dans le passé, à faire un grand ménage.

Le principe de révision des postes de dépenses est assurément louable puisqu’il y a longtemps, selon mon point de vue, que le Québec vit au-dessus de ses moyens. L’avenir nous dira si la stratégie politique choisie par l’équipe libérale permettra d’atteindre les résultats escomptés. Pour l’instant, le grand ménage simultané sur tous les étages et dans toutes les pièces de la maison provoque la grogne auprès des Québécois qui voient leur fardeau financier augmenter, celle des organismes communautaires qui se sentent vulnérables et du réseau public qui se voit repensé. Un gros défi pour le nouveau premier ministre Philippe Couillard.

Qu’en sera-t-il spécifiquement pour les membres de l’entourage qui ont un proche atteint de maladie mentale ? L’ancien ministre libéral, M. Claude Castonguay, écrivait récemment au premier ministre : « Les changements proposés ignorent l’apport considérable et essentiel des organismes communautaires et des aidants naturels auprès des malades chroniques et des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. » S’il faut en croire ces propos et nos expériences passées, il faudra redoubler de vigilance car advenant le cas où les services destinés à la clientèle vulnérable se détérioreraient, les contrecoups seraient fort probablement absorbés par les familles et… l’histoire nous est connue dans ce domaine.

L’automne a été chaud du côté gouvernemental, soit ! Mais il l’a également été du côté des drames humains. Les attentats terroristes à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa ont provoqué une énorme secousse sismique qui a débordé nos frontières. S’en est suivi le meurtre d’un chauffeur de taxi de la Beauce… Des drames qui ont été analysés politiquement et médiatiquement sous plusieurs angles mais qui sont déjà un peu relégués aux oubliettes.

De notre côté, ils sont toujours d’actualité car notre lunette a mis en avant-plan les impacts de la maladie mentale. Antécédents psychiatriques, refus de recevoir de l’aide, danger non-immédiat, des faits qui font partie du quotidien de plusieurs familles québécoises qui frappent aux portes de nos groupes membres. Dans le cas de chacun des drames, les familles des agresseurs nous ont rapidement permis de comprendre qu’elles étaient inquiètes pour la santé mentale de leur proche et ce, depuis longtemps. De plus, comme des milliers d’autres familles, elles n’ont pas négligé les efforts pour tenter de les faire soigner… en vain. Trois drames de vie qui auraient possiblement pu être évités, des événements tragiques qui doivent servir de levier en vue d’améliorer l’accès aux services pour les personnes qui refusent de l’aide en raison de leur état mental.

Il faut persister et insister afin que la législation change et qu’elle nous permette d’avoir les outils nécessaires pour intervenir auprès des personnes qui refusent d’être aidées en raison de leur maladie mentale. Prévention, diligence, efficacité et respect doivent guider le législateur. L’adage dit : « La liberté des uns s’arrête où celle des autres commence. » OUI à une société de droits, NON à une société qui fait preuve de laxisme à l’égard de citoyens qui sont lourdement affectés par la maladie mentale.

Le gouvernement du Québec a plusieurs défis urgents qui se présentent à lui. La santé des finances publiques est importante, on ne peut l’ignorer, mais la santé mentale des Québécois l’est tout autant, sinon plus. En fait, dans les deux cas, il y a URGENCE d’agir !

Reste à espérer que les messages que nous avons récemment livrés au ministre Barrette seront non pas seulement entendus mais pris en considération dans les décisions que le gouvernement aura à prendre au cours des prochains mois.

L’automne laisse place à l’hiver le 21 décembre prochain. Cette nouvelle saison sera-t-elle porteuse de réponses à nos questionnements ? Chose certaine, nous serons plusieurs milliers de personnes à analyser et à scruter les actions de notre gouvernement.

Hélène Fradet, directrice générale

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